Format maximum

Premiers plans - un billet d'Helen Faradji

VOYAGE, VOYAGE

2009-10-29

     Selon les moyens, selon les modes de transport privilégiés, la planète cinéma donne cette semaine envie de se déplacer. Le désir est le même, seules les destinations changent.

    À quelques stations de métro : la Cinémathèque! Deux événements à y suivre, dans la foulée l’un de l’autre, avec d’abord un Tapis rouge au cinéma belge qui débutera ce jeudi 28 octobre. L’occasion jusqu’au 1er novembre d’aller y découvrir la crème de la production belge des 3 dernières années, parmi laquelle Happy Together de Geoffrey Enthoven, Get Born de Nicole Palo, un des premiers films belges illustrant le concept du film à micro-budget ou encore Cow-Boy de Benoît Mariage dont le précédent Les convoyeurs attendent, aussi loufoque que mélancolique, avait sérieusement charmé. L’occasion aussi de rencontrer des artisans de ce cinéma parfois méconnu, toujours surprenant (souvenez-vous des ovnis C’est arrivé près de chez vous ou Une liaison pornographique, pensez Jaco von Dormael, Chantal Akerman, les frères Dardenne, Yolande Moreau, Joachim Lafosse, Bouli Lanners, Lucas Belvaux…) notamment lors d’une table ronde sur le financement des films indépendants (30 octobre, 15h), une préoccupation décidemment sans frontières. À noter, la Belgique nous retournera le compliment en organisant le printemps prochain un Tapis rouge au cinéma québécois à Bruxelles.

    Viendra ensuite le temps de célébrer à compter du 4 novembre, et jusqu’au 17 décembre, un de nos cinéastes et directeurs photo les moins fêtés justement, avec la toute première rétrospective consacrée à Jean-Claude Labrecque. 32 fictions et documentaires (de 60 cycles jusqu’à A hauteur d’hommes en passant par l’expérimental Essai à la mille ou une copie rare en 35mm des monumentaux Jeux de la XXIe Olympiade), une exposition photo (Au fil des tournages) ainsi que le lancement d’une biographie illustrée (Souvenirs d’un cinéaste libre de Francine Laurendeau) et une soirée spéciale pour souligner ses 50 ans de carrière le 24 novembre, tout sera mis en place pour rendre dignement et joyeusement hommage à ce « chauffeur de kodak ».

    À une nuit de bus : New York et le Museum of Modern Art qui, lui aussi, accueillera deux événements d’importance. Dans un premier temps, la 7e édition du programme To Save and Project, du 24 octobre au 16 novembre, qui annuellement permet à tous de venir découvrir des copies neuves, restaurées ou retrouvées par la Film Foundation de l’ami Scorsese de films rares et négligés, parmi lesquels cette année A Woman under the Influence de Cassavetes (1974), The Girlfriends d’Antonioni (1955), Senso de Visconti (1964), Nanook of the North de Flaherty (1922), Forbidden de Capra (1932), Touch de Bergman (1971), Le Joli Mai de Marker et Lhomme (1963), Loin du Vietnam qui réunissait dans l’engagement politique les signatures de Varda, Resnais, Godard, Ivens ou Lelouch (1967) ou The Housemaid de Kim Ki-young (1960). En bon français, ça s’appelle un festin. Et tant qu’à être à New York, et déjà au MOMA, autant y rester pour découvrir la rétro qui s’annonce sensationnelle et que le musée consacrera à ce cher Tim Burton du 22 novembre au 26 avril 2010. Films, bien sûr, mais aussi exposition de ses œuvres, story-boards et autres dessins, photographies et illustrations, de ses travaux d’étudiants à ses créations récentes : une chance unique de partir à la rencontre de l’imaginaire de celui qui a dépoussiéré le monde de l’enfance et l’expressionnisme avec une inventivité inouïe.

    À une nuit d’avion : Paris et la folie Fellini qui s’y déroulera pour fêter les 50 ans de sortie de l’enchanteresse et merveilleuse Dolce Vita. La Cinémathèque française accueillera en effet du 21 octobre au 20 décembre la rétrospective Tutti Fellini, la galerie du Jeu de Paume l’exposition Fellini, la grande parade du 20 octobre au 17 janvier tandis que deux ouvrages sur l’œuvre démentielle du démon italien seront également édités (Fellini, la grande parade par Sam Stourdzé chez Anabet/éd. du Jeu de Paume et Une année avec Fellini : journal de tournage par Sonia Schoonejans aux éditions Klincksieck). De quoi plonger avec délice et sans retenue dans le grand cirque fellinien.

    Montréal - New York – Paris : un axe du bien pour le 7e art et autant de destinations où on peut poser ses valises ces prochaines semaines sans craindre une disette cinématographique.

Bon cinéma

Helen Faradji
 

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