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Premiers plans - un billet d'Helen Faradji

AU-DELÀ DU RÉEL

2009-11-12

     12 ans et toutes ses dents. 12 ans à célébrer le réel sous toutes ses formes, des plus insolites aux plus kafkaïennes, des plus anecdotiques aux plus essentielles. Pour une 12e année, les Rencontres Internationales du Documentaire de Montréal (www.ridm.qc.ca) prennent la ville d'assaut du 11 au 21 novembre. 100 films, 30 pays, des rencontres et des débats, un hommage rendu à Allan King, pionner du cinéma direct décédé l'été dernier, avec la présentation d'A Married Couple (1968), une présence québécoise et canadienne digne de ce nom (Céline Barril, Lucie Lambert, Sylvain L'Espérance, Jean-François Caissy, John Walker ou Don McWilliams sont de la partie), des films signifiant toujours plus clairement la différence entre reportages et documentaires : l'amateur sera choyé, aucun doute à avoir. À noter, cette année pour une 5e fois, les RIDM poseront aussi leurs valises à Québec en présentant une sélection de la programmation du 11 au 15 novembre au Musée de la Civilisation

     Pour se laisser guider au mieux dans ce dédale d'hommages au réel, nous avons demandé à la programmatrice des RIDM, Charlotte Selb, de partager avec nous ses 5 coups de cœur de l'année. À tout seigneur, tout honneur, son premier choix s'est porté sur le film d'ouverture de cette édition, Last Train Home par lequel le cinéaste Lixin Fan nous fait partager l'éprouvant quotidien des époux Zhang, deux ouvriers de l'industrie textile chinoise et qu'elle décrit ainsi : « notre film d'ouverture, une histoire personnelle, une approche intime d'une famille chinoise, qui nous dit beaucoup sur la plus grande population mondiale dont les valeurs et les structures sociales sont explosées par la croissance économique galopante. »

    Dans la section caméra stylo, son choix s'est arrêté sur Oblivion dans lequel la cinéaste néerlandaise Heddy Honigmann retourne dans son pays natal, le Pérou, pour en filmer les habitants : « Heddy Honigmann a la grâce absolue! Elle filme très simplement les gens très simples du Pérou. Sans chercher à déclencher l'émotion facile, elle nous donne les larmes aux yeux avec autant de beauté et d'humanité... »

    C'est ensuite du côté de caméra au poing que nous emmène son 3e choix, présenté en collaboration avec Cinéma Politica : Burma VJ : Reporting from a Closed Country de Anders Østergaard qui y témoigne de l'engagement et de la bravoure d'une poignée de journalistes-vidéastes clandestins en Birmanie, durant l'automne 2007.  « Dans le registre du documentaire militant, celui-ci m'a coupé le souffle et nous rappelle plus que jamais pourquoi faire du documentaire. Tournées dans des conditions très dangereuses pour les vidéastes clandestins, ces images des événements en Birmanie sont terrifiantes mais aussi enthousiasmantes, par le courage des militants et de ceux qui les filment! »

    Direction Rubans Canards, enfin, pour ses deux dernières perles : René d'abord, « ce portrait d'un petit délinquant tchèque, véritable génie qui a passé la plupart de sa vie en prison, a été tourné pendant plus de 20 ans par Helena Trestikova (l'ancienne ministre de la culture en République tchèque). Il nous révèle un personnage incroyable mais pose surtout beaucoup de questions, avec honnêteté, sur le rapport cinéaste-personnage » et ensuite Stretch Marks, de la réalisatrice israëlienne Zohar Wagner : « c'est le petit bonbon pour la fin! Le journal intime d'une femme enceinte complètement flyée, très sexuelle et pas du tout timide. Pour ceux qui trouvent les femmes enceintes et les nouvelles mères trop plates ou fleur bleue, de quoi casser tous les préjugés! »

    Et comme le documentaire, aux RIDM, ne se vit pas que sur l'écran, Charlotte Selb a aussi attiré notre attention sur 2 événements qui, selon elle, marqueront cette 12e édition. La nuit de la poésie 2009, dans un premier temps, qu'elle décrit ainsi: « un événement unique qui marquera l'histoire de la poésie à Montréal! Suite à la projection-hommage de La nuit de la poésie du poésie du 27 mars 1970, on vous invite à l'édition 2009 live de la Nuit de la poésie, un événement délirant qui réunira poètes et slammeurs ». Rendez-vous donc à la Cinémathèque le 14 novembre, dès 18h30. Et ensuite, la série de Doc&Café, « une formule super sympa - et gratuite - qui permet de discuter avec les cinéastes des RIDM et de voir des extraits de leurs films, tout en prenant son petit-dej! ». Présentées par l'ONF, ces discussions auront lieu le samedi 14 (sous le thème « politiquement incorrect », en compagnie de Simon Bujold, Magnus Isacsson, Renzo Martens et Boris Mitic), le dimanche 15 (« D'ici et d'ailleurs : la nouvelle génération de cinéastes montréalais immigrés, avec Pablo Alvarez, Lixin Fan et Andrés Livov-Macklin), le vendredi 20 (« Doc ou fiction ? », avec Jean-Charles Hue, Peter Liechti, Don McWilliams, Jawad Rhalib et John Walker ) et le samedi 21 (« Filmer la famille » avec Natasha Ivisic, Donal Mosher, Michael Palmieri et Frank Wimart) à la Grande Bibliothèque à 11h.

Plus d'excuse: les agendas sont donc désormais remplis pour la dizaine à venir

Bon cinéma et bonnes Rencontres

Helen Faradji

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