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EN DIRECT DE CANNES 4: LE RETOUR DE L'ENFANT PRODIGE

2010-05-16

    Mais d'abord, que dit-on sur la croisette des films, du monde, de la politique... ? Eh bien pas grand chose. Pas de films pour enflammer les passions, pas de déclarations intempestives pour allumer des feux. Tout ça, c'était avant le début du festival. C'était au temps du mini-tsunami qui bouleversa l'arrangement des plages il y a quelques jours, au temps du nuage islandais qui provoqua quelques annulations de dernières minutes (Ridley Scott n'était pas là, mais c'est, paraît-il, parce qu'il se remettait mal d'une chirurgie au genou). Pas de rumeurs non plus, des faits simples comme par exemple le fait que Manoel de Oliveira devait rencontrer le Pape (certains y ont vu le signe d'une accession à une autre forme d'immortalité). Après Russell Crowe et Cate Blanchett, la croisette attend Naomi Watts et surtout Mick Jagger. Ça, c'est le gros coup de la Quinzaine qui l'a invité à l'occasion de la présentation du docu sur l'enregistrement ô combien sulfureux à l'époque, de l'album Exile on Main Street.

    En bref, les salles sont pleines et c'est effectivement le cinéma qui occupe la plupart des conversations. Bienvenue dans les files d'attente interminables et ultra hiérarchisées. Et celle pour le nouveau Xavier Dolan ne faisait pas exception ! Pas le plus petit strapontin de libre et au final une belle réception. C'était intéressant d'écouter les commentaires des spectateurs. Beaucoup jouaient le jeu du deuxième film avec les attentes et les craintes que cela comporte. Alors ?... Alors, XD est là où on l'attendait, avec ses forces (les dialogues, la direction d'acteur, le casting, une énergie contagieuse) et ses faiblesses (l'étalage de culture à la truelle, les citations mal dégrossies, le «à la manière de» la nouvelle vague, un certain relâchement dans la narration entre les scènes clés...). Pourtant, d'une certaine manière, Les amours imaginaires est plus intéressant que J'ai tué ma mère, plus maîtrisé. Entre un Jules et Jim truffaldien (c'est l'histoire d'une amitié amoureuse entre une fille et deux garçons) et la version québécoise des Amitiés maléfiques, Xavier Dolan pourrait être finalement une excellente nouvelle pour le cinéma québécois, une sorte de François Truffaut des temps modernes, que rien n'arrête et qui crie haut et fort sa liberté (à la Gilles Carle, cité par l'entremise de la chanson des Mâles, Le temps est bon). Certains ne manqueront pas d'être exaspéré par l'aplomb du jeune cinéaste mais il faut lui reconnaître justement cette capacité de s'affirmer.

    Sinon, du côté de la compétition, Another Year, un bon Mike Leigh, une chronique contemporaine douce amère sur des individus de la classe moyenne face à la solitude à l'orée de la retraite. Il faut reconnaître deux choses : que le cinéma britannique social se permet de plus en plus de sourires et que Mike Leigh a ce chic de montrer à l'écran des couches de la population que l'on ne voit pas souvent.

Demain, relâche !

Philippe Gajan

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