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UN TOUT PETIT MONDE : EN DIRECT DE ZAGREB ET ANNECY 4 – par Marcel Jean

2010-06-07

    Déjà récipiendaire du Grand prix à Zagreb pour Le déjeuner sur l’herbe (1988) et pour 1895 (1996), l’Estonien Priit Pärn a réalisé samedi soir le tour du chapeau lorsque Divers in the Rain, coréalisé avec sa femme Olga, a coiffé au poteau le peloton des favoris au sein duquel on comptait Love & Theft de l’Allemand Andreas Hykade, I’m so Proud of You de l’Américain Don Hertzfeld et Logorama du collectif français H5. Beaucoup plus accessible que leur précédent The Life Without Gabriella Ferri, qui avait provoqué des remous à Annecy l’année dernière, Divers in the Rain raconte les aventures absurdes d’un plongeur ne parvenant pas à plonger, tandis que sa femme, dentiste de nuit, est entraînée dans les profondeurs d’un océan de rêves et qu’un paquebot coule lentement. Un film important d’un auteur majeur dont nous aurons sans doute l’occasion de reparler…

    Plusieurs des favoris ont obtenu des mentions du jury, les principaux oubliés étant Esterhazy de la Polonaise Izabela Plucinska, Hand Soap du Japonais Kei Oyama,  Freud, Fish and Butterfly du Chinois Haiyang Wong et la coproduction helvèto-chilienne The Smaller Room de Christobal Leon et Nina Wehrle (le Chilien Christobal Leon a toutefois reçu une mention pour Luis, qu’il a coréalisé avec Niles Atallah et Joaquin Cocina). Du côté canadien, Jean-François Lévesque a reçu une mention du jury jeunesse pour Le nœud cravate, tandis que la direction du festival décernait un prix à Frédéric Back pour l’ensemble de sa carrière.

    Dans l’ensemble, un bon palmarès. On l’aurait souhaité plus audacieux (on aurait pu trouver une place pour Stroboscopic Noise de Manuel Knapp , par exemple), mais il aurait aussi pu être plus conservateur (en attribuant simultanément des prix à Logorama, à Esterhazy et à My Way du Croate Veljko Popovic).

    Il faisait enfin beau à Zagreb dimanche matin, très tôt (5h30), alors que les Canadiens se dirigeant vers Annecy se rendaient à l’aéroport, après une très courte nuit. À 14h dimanche, les bureaux du festival d’Annecy ouvraient leurs portes aux festivaliers et quelques minutes plus tard on s’y agitait déjà frénétiquement. On dit que le festival, qui célèbre cette année son 50e anniversaire, compte déjà une augmentation de plus de 20% des accrédités par rapport à l’an dernier. À constater la densité de l’affluence à Bonlieu (le centre névralgique du festival) et à voir le nombre d’habitués qui découvrent avec stupéfaction qu’ils ne sont pas sur la liste des invités à la soirée d’ouverture, on peut croire que ces chiffres sont exacts. Lundi matin, à 10h30, pour la première projection (à Annecy, il y a des projections avant même l’ouverture officielle) intitulée Le grand sommeil, la Petite salle de Bonlieu était pleine à craquer. Traditionnel à Annecy, le programme Le grand sommeil vise à rendre hommage aux disparus de l’année. Parmi ceux-là, Roy Edward Disney, le pionnier chinois Te Wei et le cinéaste et producteur belge Pierre Levie, qui est aussi le père de Joëlle Levie. Le festival s’ouvrira avec la projection de L’illusioniste de Sylvain Chomet (Les triplettes de Belleville) d’après un scénario original de Jacques Tati. On annonce du beau temps toute la semaine en Croatie et de la pluie en Haute-Savoie. Mer… !

Marcel Jean

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