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Premiers plans - un billet d'Helen Faradji

FÊTE DU CINÉMA – PRISE 2

2010-06-17

    La construction des nouvelles salles de cinéma promises à une population en manque? Un grand flou (alors qu’à Toronto, les festivités s’organisent déjà autour du nouveau centre Bell Lightbox qui sera inauguré lors du prochain festival de Toronto...). Le financement des films québécois? Toujours un immense souci. La programmation cinéma des chaînes de télévision? Un trou noir géant où se perdent toutes les bonnes intentions. D’accord, les raisons de se réjouir ces temps-ci sont rares. Mais c’est justement quand les nuages noirs s’amoncellent qu’on a le plus besoin de baume au cœur. C’est justement quand l’horizon paraît si déprimant qu’on a besoin de faire la fête.

    Du samedi 19 juin, 10 heures, au lendemain, et pour une deuxième édition tout aussi pétillante que la première, c’est promis, 24 Images et la Cinémathèque organisent donc la Fête du Cinéma, grand rendez-vous annuel des cinéphiles et autres curieux autour de cet obscur objet du désir qu’est le cinéma. Personne n’aura certes besoin d’être convaincu de la pertinence de la chose. Mais on peut tout de même s’amuser à trouver dix bonnes raisons de venir y faire un tour.

    1. C’est gratuit. Oui. 24 heures de cinéma entièrement gratuites. Avec en prime, pour les lève-tôt, un petit déjeuner offert dès 9h45. Avouez qu’on vous gâte. Au-delà de l’argument un peu facile, on vous l’accorde, cette idée de gratuité va pour nous de pair avec le cinéma que 24 Images a toujours voulu défendre : un cinéma libre, généreux, ouvert sur le monde et sur les autres. Un cinéma pour un jour débarrassé des contingences marchandes et autres considérations monétaires. Un cinéma qu’on offre et qu’on reçoit comme un cadeau, simple et chaleureux. Un cinéma tout simplement rêvé.

    2. Qu’il fasse caniculaire ou glacial, soleil ou pluvieux, tous les temps conviennent au cinéma. On se réchauffe dans les salles, on y profite de l’air climatisé : inutile d’essayer de chercher, toutes les raisons sont bonnes et légitimes pour venir s’installer dans le moelleux des beaux fauteuils rouges de la Cinémathèque.

    3. On va y découvrir des perles rares : la fête du cinéma, ce ne sont pas, en effet, des films enchaînés les uns aux autres au petit bonheur la chance, mais une programmation concoctée par une équipe de joyeux amoureux qui a décidé de mettre le public au défi en réservant une bonne partie de la programmation nocturne à la découverte de raretés et autres films cultes. Oiseaux de nuit, noctambules, dès 2h du matin, on revisite les genres kitsch, trashs et palpitants en toute liberté en compagnie de Konchalovsky (Runaway Train et ses deux évadés prisonniers d’un train), Skolimovski (The Shout, ou les ravages du cri fatal d’un homme) et Cronenberg (grosses voitures et belles pépées au programme de Fast Company, une vraie curiosité d’exploitation). Pour les accompagner des courts métrages rares de Zlatin Radev (Konservfilm), Polanski (Les mammifères) et Arto Paragamian (Across The Street). Bref, le genre de programmes qui ne court habituellement pas les écrans...

    4. Les programmateurs ont pensé à tout le monde : des cinéphiles en culotte courte (La guerre des boutons, The Great Dictator) aux amateurs de films mythiques (le Wanda de Barbara Loden presque jamais montré, le film aux 1000 fantasmes La cité des femmes) en passant par les amateurs de musique et de performances d’acteurs (Dr Jekyll and Mr Hyde, accompagné au piano par Roman Zavada), personne n’a été laissé pour compte, c’est une promesse. Du très bon, pour tous, c’est aussi ça, la fête du cinéma.

    5. La meilleure façon de rendre hommage aux grands hommes du cinéma, c’est encore de montrer leurs films. À partir de 19h, la Fête du Cinéma ouvrira donc son écran au Viol d’une jeune fille douce, à l’Âge de la machine ainsi qu’à quelques surprises tirées des voûtes de la Cinémathèque, puis aux Nuits de la pleine lune, afin de se souvenir tous ensemble des si belles images de Gilles Carle et d’Éric Rohmer.

    6. La convivialité sera au rendez-vous sur la terrasse du café-bar. Des verres à partager, des conversations à animer, mais aussi une sélection de films autour du thème Québec psychédélique, de la musique et des matchs d’impro : le cinéma y sera décliné sous toutes ses formes, sous tous ses plaisirs. Vive la variété!

    7-8-9-10. Les rencontres, l’orgie de films qui nous donnent l’impression de vivre intensément un mini-festival, l’occasion de déclarer sa flamme au cinéma avec joie et enthousiasme, le plaisir, le partage d’images et de mots, parce que c’est encore le plus beau cadeau que l’on puisse se faire entre amoureux du cinéma, le partage, le partage, le partage…. Parce que fêter ensemble le cinéma que l’on aime, c’est aussi le rendre vivant, maintenir son élan, le faire aller vers demain. Fêter ensemble le cinéma, c’est se prouver qu’il y a de l’espoir au bout du tunnel. Et ces temps-ci, on en a besoin.

Soyez-y!


Bon cinéma

Helen Faradji

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