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Premiers plans - un billet d'Helen Faradji

ÇA SENT LE RÉCHAUFFÉ

2007-05-31

Ca sent le réchauffé

    Ainsi donc, le 60ème Festival de Cannes aura été marqué par un palmarès cinéphile et audacieux. Rien à dire, le mélange est beau, et l'impatience grandit à l'idée d'aller vérifier si Gus Van Sant a réellement juste repris les mêmes et recommencé dans Paranoïd Park pour gagner un prix spécial du 60ème et surtout si ce 4 mois, 3 semaines et 2 jours du roumain Cristian Mungiu vaut vraiment son pesant de (palme) d'or. On pourra d'ailleurs amorcer notre cours de cinéma roumain 101 en allant découvrir Occident, premier long de Mungiu que le cinéma du Parc a eu l'excellente idée d'ajouter à sa programmation dès ce vendredi 1er juin (jusqu'au 7 juin, 19h).

    Pour voir tout le palmarès, vous pouvez voir ici et pour voir tous les films, qui sait, peut-être pourrons-nous aller voir ici?

    Mais si, comme le disait Fatih Akin, tout frais prix du scénario pour son De l'autre côté, en montant les marches, tout ça « c'est comme prendre une douche d'émotions », nous aussi avons eu droit à notre lot d'émotions cette semaine en assistant à ce grand déballage si caractéristique des semaines suivant les agapes festivalières. Les distributeurs se déchaînent et les salles sont envahies de nouveautés qui, pourtant, n'ont de telles que le nom.

    Car soyons honnêtes, les documentaires animaliers, comme La cité interdite de Philippe Calderon et ses termites africaines fort dépourvues puisque les fourmis sont venues, on commence à en avoir fait le tour, non ? Et ce Severance, signé Christopher Smith et son voyage d'entreprise virant au cauchemar saupoudré d'humour tout britannique, les rigolos de Shawn of the Dead ne nous avaient-ils pas déjà fait le coup, certes réjouissant, de la ratatouille gore-rigolade?

    Quant à Once de John Carney, comédie musicale dans les rues de Dublin, ça ne vous ne rappelle pas un certain film de 1991, signé Alan Parker, The Commitments? Certains nostalgiques se réjouiront peut-être, il est vrai, de la plus belle réunion de has-beens de la semaine, avec la réunion de Kevin Costner, William Hurt et Demi Moore dans le même film, Mr. Brooks de Bruc A. Evans, déjà scénariste de Stand by Me en 1987. Pas la peine de rire, ça ne rajeunit absolument personne. 

    Rayon 0 surprises, 0 calories, on pourrait peut-être rire un bon coup devant Knocked Up de Judd Apatow, qui signa déjà l'ineffable 40 Year Old Virgin et dont on devine au seul sujet (une jeune femme tombe enceinte après un one-night stand mais décide de laisser sa chance au jeune homme, un éternel ado) l'enfilade de gags faciles et de grossièreté décomplexée. Les critiques du Village Voice cautionnent, ce qui n'est tout de même pas rien. Mais on sait déjà que l'on fuira à toutes jambes ce Rise : Blood Hunter une historiette de vampires réunissant Lucy Liu, Michael Chiklis et Marilyn Manson. Car un film signé Sebastian Gutierrez, soit le scénariste de Snakes on a Plane et Gothika, est une raison suffisante pour sortir gousse d'ail, crucifix et pieu en argent en hurlant le nom de Friedrich Wilhelm Murnau à plein poumon.

    Il restait deux concurrents de taille. Offside de Jafar Panahi évoquant beaucoup trop tranquillement l'interdiction faite aux femmes iraniennes d'assister aux matchs de foot. Si l'ancien assistant de Kiarostami gagnait la caméra d'or pour son premier long Le ballon d'or, le lion d'or pour Le cercle, les mauvaises langues pourraient cette fois lui décerner le mollasson d'or tant son essai peine à convaincre.

    Dernier film en lice : Election 1, concurrent à la palme d'or 2005 (on y revient toujours) et premier volet des histoires de triades que certains n'ont pas hésité à comparer à la série des Godfathers, signé d'un des réalisateurs les plus prolifiques et étonnants du cinéma hong-kongais, Johnny To. Devinez lequel on choisit.

Helen Faradji

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