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BLOGUE DU FFM 1 – par Marcel Jean

2010-08-27

ÇA VA PÉTER!

   
    La 34e édition du Festival des films du monde de Montréal s'est amorcée hier soir à la salle Maisonneuve de la Place des arts. Signe des temps, les politiciens reviennent en nombre à l'événement, alors que Mesdames Christine St-Pierre et Pauline Marois, ainsi que Messieurs Bernard Landry, Gérald Tremblay et Maka Kotto prenaient place au parterre. Côté vedettes, rien pour écrire à sa mère, mais un jury sérieux, avec des noms comme Bille August et Édouard Molinaro, personnalités représentatives de l'académisme qui domine les choix de ce festival.


    Sur l'affiche du FFM cette année, une bête sans bouche et à sept yeux plutôt rébarbative (on dirait un monstre de Phil Mulloy), mais qui a au moins l'avantage d'imposer un look actuel (on se souvient des affreux chats d'il y a deux ans). Sur la scène du théâtre Maisonneuve hier soir, une troupe de saltimbanques a eu l'honneur d'inaugurer la manifestation. Quand le maître de piste, un petit grassouillet habillé en clown, est arrivé avec son porte-voix, j'ai cru un bref moment qu'il s'agissait de Claude Chamberland et qu'on tenait enfin notre grande réconciliation… Toronto allait en manger toute une! D'autant plus que la contorsionniste en bikini, à droite, j'étais convaincu de l'avoir croisé à Fantasia. Mais non, ce n'était qu'un rêve, même si le maître de piste a passé cinq bonnes minutes à nous annoncer que ça allait péter, pendant qu'on gonflait une grosse baudruche blanche au milieu de la scène. Comme prévu, ça a finit par péter et on a eu droit aux inévitables discours (chapeau à Patrick Roy, d'Alliance Vivafilm, qui parvient toujours à faire court, clair et classe) puis au film d'ouverture, Route 132, de Louis Bélanger.


    Moins d'un mois après la sortie de Trois temps après la mort d'Anna, voici donc une autre histoire de deuil campée dans le bas Saint-Laurent. Louis Bélanger livre un film moins réussi, moins homogène que celui de Catherine Martin. Quelques beaux moments (la rencontre avec le curé; le cimetière marin; la fête foraine), mais dans l'ensemble un drame plus languissant que profond, un scénario anecdotique et manquant de relief, une mise en scène peu inspirée. Comme toujours chez Bélanger, la direction d'acteurs est irréprochable et constitue cette fois la seule véritable force du film. La dernière représentation de Route 132 aura lieu aujourd'hui, à 16h30, au Cinéma Impérial.


    Au milieu de la coutumière avalanche de films en provenance de partout, on remarque aujourd'hui la projection du « director's cut » de In the Electric Mist, de Bertrand Tavernier (Cinéma Impérial, 19h). Les curieux pourront aussi aller voir du côté du documentaire Près de tes yeux, première réalisation d'Elias Querejeta (le producteur de Carlos Saura et de Victor Erice) depuis 1962 (Quartier latin 14, à 21h40). Enfin, nouveauté au festival, les courts métrages en compétition officielles ne sont désormais plus projetés devant les longs métrages. Est-ce une bonne nouvelle? Nous le saurons ce soir s'il y a du monde à la projection de 21h30 à l'Impérial, alors qu'on pourra voir les sept premiers films sélectionnés, dont Le cirque, de Nicolas Brault (Îlot, Hungu).

Marcel Jean

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