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BLOGUE DU FNC 1 – par Bruno Dequen

2010-10-14

OUVERTURE EN DEMI-TEINTE

    On le sait , il est toujours difficile de choisir le film d'ouverture d'un festival. Comme le soulignait Marcel Jean l'année dernière lors de sa couverture de la 38e édition, c'est un véritable travail d'équilibriste que les programmateurs doivent faire. Donner le ton au festival et générer un événement médiatique, divertir un public d'invités venus pour une soirée de gala et satisfaire les cinéphiles. Souvent, les soirées d'ouverture et de clôture sont les plus médiatisées. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle les producteurs et  distributeurs convoitent avidement ces places.

    Alors que Cannes a depuis longtemps décidé de faire le choix exclusif de l'événementiel (en programmant chaque année un blockbuster américain en hors-compétition) et que Toronto a manifestement décidé d'embrasser la main qui le nourrit en rendant hommage à la 'vision' de Téléfilm Canada à travers la programmation de 'grands films canadiens tout public' tels que Passchendaele ou, encore mieux, Score : A Hockey Musical, le FNC, tout comme le FFM, choisit chaque année de placer en ouverture un film d'auteur québécois. Après avoir réussi un beau coup l'année dernière avec le choix des Dames en bleu, documentaire charmant ayant lancé le festival dans un ambiance de légèreté, le FNC a débuté hier soir par la projection du dernier film de Daniel Grou/Podz, 10 ½.

    Choix judicieux? À moitié seulement. Du point de vue médiatique, c'est un succès. Il était certain que la programmation du nouveau film d'un acteur très populaire et d'un réalisateur chouchou des médias québécois depuis le succès de la série Minuit, le soir aurait du retentissement, et cela a été le cas. Du point de vue de l'expérience sur place, les résultats étaient beaucoup plus mitigés. Cela n'a rien à voir avec la qualité du film qui, dans le cadre d'une ouverture, importe finalement peu. En effet, quelle que soit l'opinion de chacun sur le film, force est d'admettre que le sombre récit que nous a présenté le festival hier ne donnait pas tellement envie de partir faire la fête au Quartier Général du festival dans les minutes qui suivaient la fin de la projection d'un générique sans musique. L'intervention finale de Claude Chamberlan après la projection, exhortant les invités à suivre le parcours lumineux autour de la Place des arts menant jusqu'au party d'ouverture, semblait même un peu déplacé dans ce contexte. En tout cas, si le film d'ouverture annonce le ton de l'événement, le message d'hier était clair : on ne va pas rigoler lors de ce 39e FNC!

    Une première impression qui semble se confirmer aujourd'hui par la présentation ce soir (19:00 à l'Impérial) en ouverture de la section Focus du documentaire Vous n'aimez pas la vérité : 4 jours à Guantánamo, œuvre-choc sur l'interrogatoire que des agents du SCRS ont fait subir à Omar Khadr. Refusé à Toronto et Vancouver (pour des raisons politiques, selon Chamberlan), le film est assuré d'être un des grands moments de l'édition. Tout comme la présentation unique de la version intégrale (5:30) du Carlos d'Olivier Assayas à 13:00 au Quartier Latin. Mais rassurez-vous, si vous avez besoin d'un peu d'humour et de légèreté, vous pouvez aussi vous jeter sur le Yoyo de Pierre Étaix (16:00 à la cinémathèque), à qui Chamberlan a rendu un vibrant hommage hier soir. Enfin, n'oublions pas Norwegian Ninja, l'ouverture de Temps Ø (21:45 à l'Impérial). Adapté d'une histoire vraie, cet improbable récit des aventures d'un groupe d'agents secrets ninjas norvégiens pendant la guerre froide sent le film culte à plein nez.

Bon festival!

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