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BLOGUE DU FNC 9 – par Jason Béliveau

2010-10-22

NIPPONTRONIQUE

    Dernier tour de piste pour le 39e FNC, et rien de mieux qu’un petit coup de pied bien placé afin de traverser gaiement les derniers miles nous séparant de sa clôture. Et pourquoi ne pas se tourner vers le pays du soleil levant,    qui s’y connaît en propositions cinématographiques du troisième type, pour une bonne dose de vitamines? Vers ce The Family Complete d’Imaizumi Koichi peut-être, concernant une cellule familiale infectée, irrésistiblement attirée par le grand-père, ce dernier accueillant à tour de rôle dans sa chambre fils, belle-fille et petit-fils pour des séances de sodomie incestueuses. Le virus rampant, ayant comme effet secondaire de stopper le vieillissement, doit être contenu entre les membres, en attendant que le patriarche y trouve un remède. Foncièrement amateur dans sa réalisation et dans le jeu des acteurs, faut-il chercher ailleurs les plaisirs du film? Peut-être pas, tant les malaises au niveau du fond et de la forme (que l’on soupçonne orchestrés) soutirent quelques bons rires. Mais passé les scènes homosexuelles extrêmement graphiques, qui ne manqueront pas d’en gêner plusieurs, le film ennuie graduellement, les relations entre les nombreux membres de la famille n’étant pas assez ressenties ou incarnées. Ce détachement ne nous permet malheureusement pas de prendre une distance par rapport au traumatisme et nous pousse à nous demander : à quoi bon? Exercice semi-pornographique tournant à vide ou savante métaphore des relations amour/haine au sein d’une famille? Ceux qui aiment leur cinéma aux limites du bon goût pourront en juger par eux-mêmes samedi à 21h30 au Cinéma Parallèle.

    Plus jojo, mais tout aussi difficile à digérer, Doman Seman de Go Shibata propose une histoire tellement décalée et incompréhensible que l’on en vient presque à se demander si celui qui s’est chargé de sous-titrer le film a fait ses classes de japonais. Un paresseux de première et un sans-abri sont chargés par un homme mystérieux de combattre un conglomérat médiatique capitaliste, mangent des champignons magiques et scalpent des méchants lorsqu’ils ne passent pas le plus clair de leur temps à se pogner le beigne. Toujours surprenant, surtout vers la fin où les niveaux du récit se démultiplient jusqu’à rappeler le meilleur de Buñuel, le film réussit toujours à supporter et à justifier son anarchisme probant. Il sera aussi présenté samedi au Cinéma Parallèle, à 14h40.

    Aujourd’hui, les regards sont posés sur François Delisle et son dernier film, Deux fois une femme (21h15 au Quartier Latin). Récit d’une femme battue qui tente de refaire sa vie en Ontario avec son fils, le film est soutenu par des acteurs puissants, avec en tête Evelyne Rompré et Marc Béland. En même temps et dans une tout autre branche (ce qui facilitera le choix déchirant pour certains) une deuxième projection du western australien Mad Dog Morgan aura lieu à la Cinémathèque à 20h30. Pour la performance hallucinante et hallucinée de Dennis Hopper, qui à l’époque revenait tranquillement de l’échec retentissant de son The Last Movie.

    Tournée de Mathieu Amalric, en première à 19h00 à l’Impérial, fort de son Prix de la mise en scène au dernier Festival de Cannes, vaudra assurément le détour. Un ancien producteur français, après un séjour prolongé aux États-Unis, ramène au pays de Molière une troupe d’effeuilleuses «New Burlesque» et leur fait miroiter un succès à Paris. Un peu de chaleur humaine ne peut qu’aider à combattre la froideur automnale. Dernière suggestion, pour oublier cette fois-ci la grisaille extérieure, Pepperminta de Pipilotti Rist, essai kaléidoscopique entre l’anime japonais et Jean-Pierre Jeunet sur l’ecstasy, où une jeune femme se donne pour mission de libérer par tous les moyens la vie des gens. Que les dents sucrées le notent à leur horaire, le film est présenté à 17h00 au Quartier Latin.

    Bonne fin de semaine cinéma.

Jason Béliveau

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