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24 IMAGES À CANNES - JOUR 4 - par Philippe Gajan

2011-05-15

     Il aurait sacrement besoin d'un père ce Gamin au vélo! Quoique, finalement il récupère une charmante coiffeuse à la place (Cécile de France, bien). Mais qu'est-ce qu'il a enduré pour en arriver là ! Et nous alors!! Disons-le, trop, c'est trop. Les frères Dardenne semblent être arrivés à un point où ils pratiquent désormais la caricature de leur propre cinéma. Ça a le goût d'un film des Dardenne, c'est filmé comme un film des frères D, c'est joué divinement (comment font-ils pour dégotter des acteurs naturels, au sens doués par la nature) comme dans un film des frères D, mais ce n'est pas un film des frères D. Et le problème est d'autant plus grave que c'est justement au cœur de leur dispositif que se joue le drame, dans le rapport au réel, ce naturalisme si cher au cœur de ces anciens documentaristes. Car, ici, ce n'est pas tant la forme qui est déficiente  - à ce niveau là la maîtrise est évidente -, mais le fond, le scénario, la visée. Les frères D ont basculé du côté des démonstrateurs, leur réel a par conséquence un arrière goût de mélo aux violons sur amphétamines. Peut-être ont-ils nommé leur film en hommage au chef d'œuvre de Vittorio de Sica (et dieu s'il y en a des vols de vélo dans le film) mais la comparaison s'arrêtera bien sûr là. Ici, le mélo ne fait pas pleurer, tout est trop énorme, tout paraît cousu de fils blancs. Le problème d'un tel cinéma, c'est qu'il ne peut se permettre, telle une fable, de décrocher du réel, de le mettre à distance, «en morale». Ce réel chez les Dardenne, il vibrait, il était épais, cohérent, complexe, et ce de La promesse jusqu'à ce Fils si cher à notre mémoire. Depuis L'enfant, il a été mis en ordre de marche par les frères, comme domestiqué, mais également et c'est le plus grave, il a été résumé. Avant, les frères D montraient, ils sentaient et nous faisaient sentir. Là, ils démontrent et ils démontrent quoi ? Qu'en enfant abandonné par son père est prêt aux pires conneries pour le récupérer ou pour s'en dégoter un de substitution, mais qu'avec de l'amour et le pardon, on pourra le remettre dans le droit chemin… C'est bien ça! Ah oui, il y a aussi une cité comme décor et en guise d'épilogue : que celui qui n'a jamais péché jette la première pierre. Enfin pas tout à fait mais c'est tout comme… Si Polisse en faisait des tonnes, au moins il forçait le respect par le cœur mis à l'ouvrage. Chez les Dardenne, c'est tout simplement pénible.

     Bon, et sinon ? Eh bien Johnny Depp, ce cher pirate, a monté les marches aux bras de la belle Penelope, mais il tirait la tronche. Gus van Sant qui était de la fête, on ne sait pas pourquoi, avait l'air lui de bien meilleure humeur! Côté local, le favori c'était Jean Dujardin venu défendre L'artiste, un film muet en noir et blanc du réalisateur OSS 117, film très bien accueilli finalement.

     Demain, le film que tout le monde attend, The Tree of Life. De mémoire, je ne me souviens pas d'une telle frénésie. La Croisette, pour sa partie cinéphile, se couchera tôt ce soir…

Philippe Gajan

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