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24 IMAGES À ANNECY - JOUR 5 - par Marcel Jean

2011-06-10

LE MUR

Les marathoniens appellent ça le mur. Les cyclistes parlent plutôt d’un coup de mou. Voilà ce qui arrive quand, un peu après le milieu d’une longue épreuve, les forces nous manquent. Le quatrième programme de la compétition officielle de courts métrages a eu cet effet, aujourd’hui. Comme un grand essoufflement. Pourtant, pris un à un, les films ne sont pas tous mauvais, loin de là. Mais, dans l’ensemble, il n’y a rien pour déchaîner les passions, rien pour s’exciter.

    Heureusement qu’hier on a eu les Quay. Les Quay dont on parlait encore beaucoup aujourd’hui tant les bonnes âmes nourries aux séries pour enfants ont été choquées. Le programme d’aujourd’hui comprenait un film potentiellement dérangeant: Miss Daisy Cutter du Français Laen Sanches, un phénomène sur le web depuis quelques mois déjà. Mais la projection sur grand écran de ce Mickey déglingué n’a pas eu l’effet escompté, probablement pour une question de mixage sonore, la musique de The Veils semblant prisonnière de l’arrière de l’écran. À revoir dans de meilleurs conditions... Électrochoc raté, donc.

    Que retenir d’autre de cette séance? D’abord un film australien, Nullarbor, de Colin Lockhart et Patrick Sarell, deux habitués des grands studios (l’un a travaillé pour Disney, l’autre sur Happy Feet, entre autres chose) qui nous offrent ici un film réunissant les deux tendances exposées dans le texte d’hier: le savoir-faire et l’humour. Prenant pour point de départ la rencontre, sur une route désertique, entre deux hommes que tout sépare, le film est une démonstration d’efficacité. Ensuite un film allemand, À la recherche des sensations perdues, de Martin Wallner et Stefan Leuchtenberg, qui aborde la question du deuil avec beaucoup d’intelligence, mais peu de sens du rythme et de la construction. Mais puisqu’il s’agit d’un premier film, l’indulgence s’impose: le film devrait être le principal concurrent de Chroniques de la poisse pour le prix de la première oeuvre. Enfin un film slovaque, Pierres de Katarina Kerekesova et Ivana Sebestova, étrange opéra de marionnettes se déroulant dans un décor minier, alors qu’une femme débarque au milieu des travailleurs comme un ange de la mort. Fable au sens obscur, le film oscille entre le pompiérisme et le tragique, comme une sorte de construction baroque qui, au final, laisse perplexe.

Marcel Jean

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