Format maximum

Blogues

24 IMAGES À ANNECY - JOUR 6 - par Marcel Jean

2011-06-11

ET POUR FINIR...

    On se demande vraiment ce qui a pu inciter les programmateurs à répartir si inégalement les pièces de résistance de la compétition de courts métrages. Voici donc qu’après l’essoufflement d’hier, la compétition est revigorée par un programme dominant ceux des jours précédents de la tête et des épaules. Un programme solide, bien construit, avec plusieurs bons films mais, surtout, un programme se terminant dans l’apothéose d’un conte pour enfants signé Rosto. Un conte punk dans lequel on aperçoit deux enfants espiègles prénommés Sid et Nancy, un conte où la grand-mère affiche une photo de Kurt Cobain dans sa cuisine, un conte structuraliste dans lequel on redoute la fin de l’histoire autant qu’on craint un monstre, un opéra baroque conviant Tom Waits,Terry Gilliam et The Residents... The Monster of Nix, c’est un gamin qu’on dirait échappé d’Arthur et les Minimoys qui se retrouve au milieu de L’histoire sans fin. Un vrai moment de cinéma! Un film ample et délirant, constamment à la limite de la boursouflure, mais un film d’une remarquable cohérence où, miracle, l’émotion subsiste.

    En ouverture de séance on avait vu L’armoire de Zbigniev, de la polonaise Magdalena Anna Osinska, touchant film de marionnettes dans lequel un homme, dans la Pologne communiste, tente d’enterrer dignement son père. Si on peut regretter la prévisibilité du récit et signaler une propension pour le malheur toute polonaise, le film demeure émouvant, soutenu par une esthétique forte.

    Luminaris de l’Argentin Juan Pablo Zaramella est un film de pixillation extrêmement maîtrisé qui renoue avec le ton et l’esthétique des films à trucs des débuts du cinéma. Possiblement le meilleur film du prolifique réalisateur. Réalisé par sept jeunes Français, d’après les illustrations de Killoffer dans le cadre de la collection Le laboratoire d’images, Après moi est le récit surréalisant et quelque peu narcissique de la disparition d’une femme. Sur un texte et une musique de Nick Cave, Millhaven du Polonais Bartek Kulas est une comédie cruelle dans laquelle un adolescente raconte la série de morts violentes qui ont troublé la quiétude de son village. Enfin, Dimanche, de notre compatriote Patrick Doyon, dans lequel un garçon s’ennuie lors de la visite hebdomadaire de sa famille chez les grands-parents, a reçu un accueil chaleureux et bien mérité. D’une qualité graphique exceptionnelle, le film de Doyon est porté par un regard sensible et un sens de l’observation aigu.

    Difficile de faire des prédictions, d’autant plus qu’on sait de source sûre que les trois membres du jury ont exprimé de profonds désaccords dès le premier soir. À voir la tête que les trois tiraient lors du barbecue offert par le studio Disney vendredi soir - chacun était dans son coin, bien à l’écart des deux autres - on peut en conclure qu’on aura un palmarès de compromis. Allons-y donc plutôt avec une liste de candidats plausibles. D’abord The Monster of Nix de Rosto, puis Voyage au Cap Vert de Jose Miguel Ribeiro, Big Bang Big Boom de Blu et Pixels de Patrick Jean. Switez, la cité perdue de Kamil Polak a ses défenseurs et pourrait constituer une surprise, tout comme Paths of Hate de Damian Nenow, ou encore L’armoire de Zbigniev de Magdalena Anna Osinska et même Luminaris de Juan Pablo Zamarella. Mais, encore là, d’autres titres pourraient créer la surprise: on arrive en bout de piste sans qu’aucun titre n’ait réuni un semblant d’unanimité autour de lui.

    Marcel Jean









Publier sur twitter Partager

Vos réactions (0)

Soumettre une réaction

  *Votre courriel ne sera pas publié et est demandé seulement à titre de référence.