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24 IMAGES À ANNECY - JOUR 7 - par Marcel Jean

2011-06-12

COCORICO!

    On se serait cru à la grande époque napoléonienne hier soir tant l’alliance franco-polonaise a cartonné. Cristal du court métrage (Pixels de Patrick Jean), Cristal du long métrage (Le chat du rabbin), Grand prix des films de fin d’étude (Plato de Léonard Cohen), meilleure série télé (Le petit Nicolas), meilleur film éducatif, meilleur film publicitaire, meilleur vidéoclip, les Français étaient partout, suivis des Polonais: Prix de la première oeuvre à Switez, la cité perdue de Kamil Polak, mention spéciale à Paths of Hate de Damian Nenow, prix SACEM de la musique originale à Krzysztof Penderecki pour Le masque des frères Quay.

    Revoyons tout ça calmement! Du côté des courts métrages, on vous avait prévenu que le jury avait eu de la difficulté à trouver un consensus. À l’annonce du palmarès, on a compris que PES avait pesé lourd: Pixels repose sur une conception ludique de l’animation très proche de la sienne. Le prix spécial du jury remis à l’Italien Blu pour Big Bang Big Boom récompense un cinéaste privilégiant une approche directe de l’animation, ce qui correspond aussi à un esprit parent de celui de PES. Enfin, la mention spéciale décernée à Paths of Hate vient célébrer le film le plus «masculin» de la compétition, avec sa violence spectaculaire et sa musique rock.

    La remise du prix Jean-Luc Xiberras de la première oeuvre à Switez, la cité perdu vient récompenser un film au budget imposant et à l’esthétique flamboyante. Ce prix réjouira un peu tout le monde puisque le film est une coproduction impliquant cinq pays (Pologne, France, Canada, Suisse, Danemark). C’est René Chénier, de l’ONF, qui en est le coproducteur canadien. Au final, Switez a donc coiffé l’excellent Chroniques de la poisse, du Français Osman Cerfon, qui est toutefois reparti avec une récompense secondaire, le prix Canal +, qui est aussi le mieux doté (puisqu’il consiste en un investissement dans un prochain film). Oublié par le jury officiel, l’un des favoris de la compétition, Luminaris du sympathique Argentin Juan Pablo Zaramella, a reçu à la fois le prix de la critique (la FIPRESCI) et celui du public.

    Tout bien considéré, on a là un palmarès défendable, même s’il laisse en plan The Monster of Nix de Rosto (ce qu’a regretté le producteur et distributeur Nicolas Schmerkin en allant recevoir le Cristal du court métrage au nom de Patrick Jean) ainsi que Voyage au Cap Vert de José Miguel Ribeiro. Nobody’s perfect!

    Côté long métrage, où de l’avis général la sélection était plutôt faible, le couronnement du Chat du rabbin n’a surpris personne. À la fois récipiendaire d’une mention spéciale et du prix du jury, Colorful du Japonais Keiichi Hara était avec Chico et Rita de Fernando Trueba, Javier Mariscal et Tono Errando l'un de ses deux seuls concurrents vraiment sérieux, Tatsumi d’Eric Khoo ayant malheureusement été présenté hors compétition.

    C’est du côté des films de fin d’études qu’on trouvera davantage à discuter. Le jury, composé de trois personnalités issues de la tradition du cartoon anglo-saxon (Will Vinton, David Sproxton et Matthew O’Callaghan) a logiquement plébiscité des oeuvres se rattachant à ce courant, au détriment de tout le reste. Si Plato de Léonard Cohen (un produit de l’ENSAD) était probablement le meilleur représentant du genre, on peut regretter le prix spécial remis à Trois petits points (un produit des Gobelins), un film studieux qui ne se distingue en rien de la production courante de cette école.

    Le festival d’Annecy remettant au total 25 prix (auxquels s’ajoutent une dizaine de prix remis sur projets), je vous en épargne la nomenclature complète.

    Marcel Jean









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