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Premiers plans - un billet d'Helen Faradji

HORS DES GENRES, LE SALUT?

2007-07-26

Hors des genres, le salut?

    L'été s'est bel et bien installé, il n'y a aucun doute. Profitant de la monochronie jaune soleil du moment, c'est également Homer Simpson et sa famille de sympathiques ratés qui s'installent au cinéma, après avoir trusté pendant 18 ans les écrans de télévision. Pour plusieurs, c'est l'événement de l'été. On se contentera de penser que de retrouver le regard cinglant et libérateur de Matt Groening, créateur de la chose, sur grand écran est assurément un plaisir à anticiper.

    On comprendra pourtant l'importance accordée à The Simpson Movie tant les autres sorties dites « populaires » sont, cette semaine, accablantes. 3 blockbusters, 3 variations archi-prévisibles sur la recette de genres auquel il faudrait pourtant songer à donner un sérieux coup de fouet : la comédie romantique avec No reservations, remake d'une comédie allemande de 2001 (Mostly Martha) pourtant signé Scott Hicks (Shine) où la Zeta-Jones se prend pour une chef découvrant le bonheur grâce à une fillette (Abigail Breslin, vue dans Little Miss Sunshine); le film d'horreur ensuite avec I know who killed me dans lequel sévit l'impayable Lindsay Lohan;
le film de chars, enfin, avec Taxi 4 où les voitures roulent toujours aussi vite sur la Cannebière de Marseille, et où l'humour vole toujours aussi bas. Du pré-mâché, pré-digéré, dont on aura aucun mal à se passer.

    Pourtant, les films de genre ne sont pas nécessairement un refuge pour scénaristes en mal d'idées. Ils savent aussi être le lieu d'heureuses surprises, de bonheurs innatendus, de plaisirs à découvrir. Comme dans Sunshine, par exemple, où Danny Boyle renouvelle son sens du genre déjà aiguisé dans 28 Days Later en se frottant à la science fiction. Epopée spatiale dans laquelle de braves astronautes devront lutter corps et âmes pour raviver le soleil, en voie de disparition, compte aussi sur la présence de l'intriguant acteur Cillian Murphy pour nous appâter. Mais s'il fallait choisir, ce sera pourtant vers le film de guerre que nous irions cette semaine. D'abord avec SunshineIluminados por el fuego, de Tristan Bauer, prix du public au dernier festival Festivalísimo et prix du meilleur film à celui de Tribeca, qui suit l'atroce aventure de soldats argentins sacrifiés par la dictature pour aller se battre contre les britanniques aux Malouines.
 
    Mais il faudra surtout jeter un oeil à ce Rescue Dawn dont la sortie fut plusieurs fois repoussée ici. Car ce film marque rien de moins que le retour de Werner Herzog, dans un premier grand film hollywoodien. Retrouvant le héros de son documentaire Little Dieter Needs to Fly, qui prend cette fois les traits fictionnels de Christian Bale, ce récit épique de l'évasion d'un prisonnier US d'un camp dans la jungle laotienne pendant la guerre du Viet-Nâm fait en effet saliver. Critiques dytirambiques sur le jeu de Bale ou sur le sens narratif et de la mise en scène d'Herzog, à ce jour, on ne recense aucune bonne raison de se priver de ce plaisir sur grand écran.

    Enfin, hors des terres tranquilles des genres, on pourra bien se payer le plaisir d'aller découvrir comment fifille Gavras, Julie, a bien pu adapter le roman de Domitilla Calamai dans La faute à Fidel, suivant les aventures d'une fillette dont les parents (Julie Depardieu et Stefano Accorsi, un beau tandem) deviennent communistes!

Reste notre film de la semaine, cette œuvre sans entre-deux qu'est Café Transit de Kambozia Partovi, où une femme iranienne, comme trop souvent, doit se battre contre sa famille, les lois et coutumes de son pays pour simplement avoir le droit d'être libre.

Bon cinéma

Helen Faradji








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