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24 IMAGES AU FFM — QUELQUES SUGGESTIONS - par Marcel Jean

2011-08-15

    230 longs métrages en 10 jours, c’est énorme! On peut sans craindre affirmer que c’est trop, beaucoup trop. Dans une telle masse, le cinéphile se perd. Quand on ajoute à cela que la plupart des réalisateurs sont inconnus au bataillon (107 premières mondiales ou internationales — c’est-à-dire plus que ce qu’offre le Festival de Cannes —, ça ne s’obtient pas en étant trop pointilleux), on a là le menu parfait pour une indigestion! 

    Qu’à cela ne tienne, voici quelques suggestions pour minimiser les risques et guider les festivaliers. Commençons pas la Compétition officielle, section phare, mais souvent très inégale de l’événement. Les deux films québécois qui y sont présentés sont attendus: d’abord Côteau rouge, le nouvel opus d’André Forcier inspiré par son quartier de Longueuil, puis La run, de Damian Fuica, un thriller qui défraie la chronique depuis une bonne année à cause des problèmes financiers rencontrés par la production. Le gros morceau de la compétition, toutefois, nous vient d’Israël et est signé Eran Riklis (La fiancée syrienne, grand prix du FFM en 2004; Les citronniers, 2008). Intitulé Playoff, le film raconte la vie du légendaire instructeur de basketball Max Stoller, héros national pour avoir mené l’équipe de Tel-Aviv au championnat européen, déchu pour avoir ensuite accepté de diriger l’équipe ouest-allemande. Deux autres réalisateurs arrivent en compétition précédés d’une réputation enviable: le Japonais Masato Harada (connu principalement pour Inugami, l’esprit du mal, 2001) vient présenter Chronicle of my Mother, tandis que le Français Emmanuel Mouret nous offre L’art d’aimer, sa plus récente comédie mettant en vedettes François Cluzet, Judith Godrèche, Julie Depardieu et Ariane Ascaride. Enfin, le FFM arrive souvent à dénicher des films iraniens défendables, de sorte qu’on peut se risquer à aller voir du côté de Here Without Me de Behram Tavakoli, une adaptation de La ménagerie de verre de Tennessee Williams. 

    Pas facile de proposer quelques titres parmi les 26 films composant la compétition mondiale de premières oeuvres. Allons-y tout de même avec Un baiser papillon de Karine Silla, qui met en scène une brochette de gros noms du cinéma français: Vincent Pérez (Monsieur Karine Silla), Cécile de France, Elsa Zyberstein et Jalil Lespert. Aussi à signaler, 17 filles de Delphine Coulin et Muriel Coulin, sélectionné à la Semaine de la critique à Cannes. Fear of Falling est le premier long métrage de fiction du jeune documentariste polonais Bartosz Konopka, dont les moyens métrages ont remporté plusieurs prix (Rabbit à la Berlin a reçu une nomination aux Oscars en plus d’être primé à Hot Docs; Goat Walker a été récompensé à Berlin). On peut donc y jeter un oeil. Enfin, la comédie Escort on Love (Nussuno Mi Puo Giudicare) première réalisation de l’acteur italien Massimiliano Bruno a reçu plusieurs nominations aux prix David di Donatello (les Jutra italiens) valant même le prix de la meilleure actrice à Paola Cortellesi. 

    La section hors concours regroupe normalement les films des gros noms qui ne figurent pas en compétition. Encore là, peu de choses prometteuses à se mettre sous la dent. C’est là que retrouvera The Artist de Michel Hazanavicius, qui a valu à Jean Dujardin le prix d’interprétation à Cannes. Dans le contexte du FFM, c’est ce qu’on appelle un must! Les curieux voudront probablement aller voir du côté de La conquête de Xavier Durringer, autre film présenté à Cannes qui arrive toutefois précédé d’une réputation terrible. This is Not a Film fournira l’occasion aux cinéphiles de manifester leur soutien à l’Iranien Jafar Panahi. Troisième réalisation de l’acteur Sergio Castellitto, La bellezza del somaro a été accueilli avec tiédeur en Italie. Présenté en compétition à Berlin, Innocent Saturday d’Alexandr Mindadze, une coproduction Russie/Ukraine/Allemagne n’a pas marqué les mémoires dans une sélection considérée comme l’une des plus faibles de l’histoire de la manifestation. 

    La section Cinémas du monde, qui compte 73 longs métrages, est un fourre-tout inqualifiable. On y remarque The Slut de l’Israélien Hagar Ben Asher, qui était au programme de la Semaine de la critique à Cannes. Signalons aussi la présence d’Où va la nuit? de Martin Provost qui, cinq ans après Séraphine, dirige de nouveau Yolande Moreau. Pourquoi tu pleures? de Katia Lewkovicz a eu l’honneur de la séance de clôture de la Semaine de la critique et met en vedette Benjamin Biolay. Le Polonais Andrzei Baranski, habitué des festivals reconnus (Berlin, Moscou, Karlovy Vary) arrive avec un film dont on ne sait à peu près rien, Héritage

    Dernière section du festival, Documentaires du monde propose des oeuvres de quelques cinéastes connus: l’Allemand Rosa von Praunheim présente Rent Boys, qui aborde la prostitution masculine à Berlin; l’Ontarien Steve Sanguedolce propose Blinding, dans lequel il aborde la question du traumatisme. On est aussi curieux de voir Marcel Ophüls et Jean-Luc Godard, la rencontre de Saint-Gervais, des Suisses Frédéric Choffat et Vincent Lowry, témoignant d’une conversation entre les deux cinéastes qui ont partagé un projet sur la Palestine.

    Le 35e Festival des films du monde s’ouvre le 18 août, et se poursuivra jusqu’au 28 août. 

Marcel Jean
 

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