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24 IMAGES AU FFM - MI-PARCOURS - par Marcel Jean

2011-08-24

NOUVELLES TECHNOLOGIES, NOUVEAUX PROBLÈMES

    Pendant que le collègue François Jardon-Gomez s’astreint à la tâche pas toujours facile de suivre la compétition du FFM, me voici à la recherche des perles dans le reste de la programmation pléthorique du festival. Et comme si le défi n’était pas en soi assez grand, voilà que les problèmes techniques se mettent de la partie pour me compliquer l’horaire... Tout a commencé samedi soir, au Quartier latin, lors de la projection de Love & Slaps de l’Italien Sergio Castellito, retardée d’une trentaine de minutes pour des problèmes techniques restés inexpliqués. Ça s’est poursuivi dimanche matin lors de la projection de North Sea Texas, du Belge Bavo Defurne, alors que la projection a connu deux faux départs, de sorte que les spectateurs ont pu voir le court métrage Swimsuit 46 à trois reprises. Manque de pot, j’avais décidé d’enchaîner avec This is Not a Film de Jafar Panahi, précédé du court métrage 3 Needs d’Aksel Stasny. La projection du court métrage a commencé à l’heure. Jusque-là tout allait bien! Puis, on nous a annoncé deux ou trois minutes de pause, qui sont bientôt devenues 10 minutes, puis 30. On a fini par annuler la séance.

    Lundi, la direction du festival a annulé toutes les projections du Panahi. Le FFM vient donc de perdre l’un de ses quatre ou cinq titres les plus prestigieux. Pourtant, dans les jours précédant le festival, il y avait eu projection de presse, présentée sans anicroche. Vraisemblablement, les techniciens du FFM ne sont désormais plus en mesure d’accéder aux fichiers contenant le film. Bienvenue à l’ère du numérique! Avec les nouvelles technologies arrivent les nouveaux problèmes: on l’a vu avec le Forcier lors de la séance d’ouverture, on le voit maintenant avec le Panahi...

    Dimanche dernier, pour me remettre d’avoir perdu une demi-journée, j’ai décidé d’aller faire un tour du côté de The Mystery of the Lagoons, documentaire du Vénézuelien Atahualpa Lichy. J’y ai d’abord vu la première séquence du film sans son, puis avec son, mais pendant que le réalisateur, micro à la main, essayait de présenter son film puis, enfin, une troisième fois, avec son et avec les lumières de la salle éteintes, comme il se doit.

    Et les films dans tout ça? Eh bien! Heureusement qu’il y a les films! Comme l’excellent documentaire expérimental de l’Ontarien Steve Sanguedolce, Blinding, présenté devant moins de dix personnes vendredi dernier. Pourtant, on a là une oeuvre dense, inventive, qui pose la question du genre cinématographique avec beaucoup de pertinence: Sanguedolce enregistre trois témoignages qu’il retranscrit pour les faire réinterpréter et les illustrer à l’aide d’images de diverses provenances, qu’il retrace et colore à la main. Une démarche tout à fait singulière pour un film qui pose la question de la vision sous l’angle du traumatisme.

    Toujours du côté des bonnes surprises, Dance Town du Coréen Jeon Kyu-hwan aborde avec beaucoup de subtilité la question de l’immigration nord-coréenne, à travers le portrait d’une femme, Rhee Jeong-nim, qui se retrouve à Séoul, prise en charge par le gouvernement, mais seule. Grâce à un scénario habile et à un filmage précis, Jeon parvient à faire exister de nombreux personnages secondaires, inscrivant ainsi l’histoire de cette femme dans un tissu social vibrant.

    Très attendu parce qu’il s’agit des retrouvailles du tandem Martin Provost et Yolande Moreau trois ans après Séraphine, Où va la nuit? n’a pas les mêmes qualités.  Bien sûr, Yolande Moreau est formidable, mais cette intrigue qui rappelle Simenon (une quinquagénaire assassine son rustre de mari, qui la battait) aurait eu besoin d’un meilleur travail d’écriture (le scénario, adapté d’un roman de Keith Ridgway, est poussif avec une finale qui nous entraîne maladroitement dans le sillage de Thelma & Louise). Il aurait aussi fallu un regard plus aiguisé, quelque chose comme l’oeil de Chabrol pour donner du piquant à cette histoire. Fait étonnant, il n’y avait à peine qu’une demi-salle pour assister à la projection d’Où va la nuit? dimanche après-midi, alors qu’il s’agit d’un des rares films de la programmation à être réalisé par un cinéaste connu.

    En terminant, quelques suggestions: The Slut de l’Israélien Hagar Ben Asher (Mercredi, 10h et 19h, Quartier Latin 16; Jeudi 13h50, Quartier Latin 16); Pourquoi tu pleures? de la Française Katia Lewkowicz (Jeudi, 12h20, Quartier Latin 15) et 17 filles des Françaises Delphine et Muriel Coulin (Jeudi 10h et 19h20, Quartier Latin 9).

Marcel Jean

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