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24 IMAGES AU FFM - BILAN - par Marcel Jean

2011-08-29

TOUTE BONNE CHOSE A UNE FIN...

    Il pleuvait, il ventait... et le 35e FFM s’est terminé, contre vents et marées, pourrait-on dire. Bon! Serge Losique en a vu bien d’autres, des tempêtes. Certaines bien pires qu’Irène.

    Côté palmarès, il semble que le jury présidé par Vincente Aranda ait démarqué les bons films: Grand prix des Amériques à Hasta la Vista du Belge Geoffrey Enthoven, Grand prix spécial du jury à Chronicle of my Mother du Japonais Masato Harada, Prix de la mise en scène à The Fire  de l’Allemande Brigitte Maria Bertele, Prix du meilleur scénario à L’art d’aimer d’Emmanuel Mouret. Notre collègue François Jardon-Gomez est pratiquement arrivé pile-poil dans ses prédictions, si on excepte l’absence de son cinquième favori, Coteau rouge d’André Forcier, qui a dû se contenter du prix du public pour le meilleur long métrage canadien. Fait à signaler, dans son premier texte, notre collègue avait pris la peine de signaler la qualité du court métrage Dans le cadre du Français Philippe Lasry: c’est ce court métrage qui a remporté le 1er prix du court métrage.

    Du côté des premières oeuvres, le jury a distingué In Our Name de Brian Welsh (Royaume-Uni). Pas vu! Rien à redire, donc. Toutefois, on a compté davantage de films intéressants dans la compétition des premières oeuvres que dans la compétition officielle. La question se pose donc quant à la pertinence d’une compétition officielle qui, année après année, ne parvient pas à regrouper une vingtaine de titres de bon niveau. En fait, le FFM semblé piégé par son statut de festival de catégorie «A», qui l’oblige à sélectionner des films qui n’ont jamais été projetés en dehors de leur pays d’origine. Ainsi, plusieurs films de qualité se retrouvent perdus dans la pléthorique section Regards sur les cinémas du monde. Je pense à The Roadside House du Russe Anton Sivers, à Salt White du Géorgien Keti Machavariani, à Pourquoi tu pleures? de la Française Katia Lewkowicz et à Dance Town du Coréen Jeon Kyu-hwan. L’ajout de tels films en compétition aurait pour conséquence d’en relever considérablement le niveau et de lui donner un lustre qu’elle n’a jamais réussi à avoir en 35 ans d’histoire.

    Par ailleurs, on l’a tellement écrit qu’on se demande s’il est encore pertinent de le répéter: ce festival est condamné à dépérir tant qu’on n’y sélectionnera pas les films avec davantage de rigueur. Quand une section compte à elle seule 73 longs métrages (c’est-à-dire environ le même nombre de longs métrages qu’on retrouve à Cannes, sections parallèles incluses), c’est qu’on n’a pas placé la barre très haute. Le public ne peut pas être dupe éternellement. Ainsi, cette année, on n’a pas vu beaucoup de salles pleines, même pour les quelques rares cinéastes connus au programme. Il y avait une cinquantaine de spectateurs pour le dernier Nikita Mikhalkov, La citadelle, présenté en projection surprise, la salle était à moitié pleine pour le Panahi (qui n’a finalement pas été projeté à la suite de problèmes techniques) et il y avait encore moins de monde lorsqu’on a présenté La Run au Quartier Latin.

    Et puisqu’il est question de problèmes techniques, c’est ce qu’on retiendra d’abord de cette 35e édition du festival: les projections au Quartier latin ont été atroces, du début à la fin du festival. Mercredi après-midi, au Quartier latin 9, le niveau sonore était tel lorsqu’a commencé la projection de l’affreux court métrage Overcast de Velislav Kazakov que j’ai cru que mes tympans allaient se déchirer. Même manège vendredi matin, au Quartier latin 12, lors de la projection du film turc Merry-Go-Round d’Ilksen Basarir. Aucun employé dans la salle pour que la situation soit corrigée, il m’a fallu sortir pour trouver trois d’entre eux, conversant, au bout du couloir. On se demande à quoi ils servent, ceux-là, si ce n’est à se déguiser en hommes-sandwich en portant des t-shirts à la gloire de Starbuck et de Sur le rythme.

    Un festival de films devrait au moins respecter suffisamment les films pour tout mettre en oeuvre afin qu’ils soient projetés dans de bonnes conditions. Cela n’a vraisemblablement pas été le cas cette année et un examen de conscience s’impose chez les responsables. Déjà qu’on a tendance à vouloir nous projeter n’importe quoi, il faudrait au moins qu’on ne nous le projette pas n’importe comment!

    Marcel Jean

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