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Premiers plans - un billet d'Helen Faradji

JUSTE UNE SIGNATURE

2011-10-06

    Que faire face à l’injustice? Comment protester et dire notre indignation? Nous parlions la semaine dernière du cas des cinq cinéastes, du caméraman et de la productrice de cinéma iraniens arrêtés par le régime Ahmadinejad au motif inique qu’ils seraient tous des espions au service de la BBC. Des artistes qui, s’ils avaient eu la « chance » de s’appeler Polanski, auraient peut-être pu bénéficier de la même couverture médiatique. Et dont la situation insupportable pose aussi la question des limites de notre champ d’action, de notre solidarité.  

    Car que pouvons-nous faire? Aller voir leurs films quand ceux-ci réussissent à se frayer un chemin jusqu’à nous (le Festival du Nouveau Cinéma dont les portes ouvrent la semaine prochaine, et qui accueillera notamment une rétrospective Asghar Farhadi et Three and a Half de Naghi Nemati, a ainsi du annuler la programmation d’Absolutely Tame is a Horse, réalisé par Abdolreza Kahani qui y dénonce la corruption policière, interdit de diffusion internationale par les autorités iraniennes – une honte)? Évidemment. Mais l’attention internationale portée à leur sens critique ne les met-elle pas finalement plus en danger qu’ils ne le sont déjà? Les assurer de notre soutien? Oui, bien sûr. Mais comment pouvons-nous savoir qu’ils l’entendront? Organiser un sit-in comme ils le font à Wall Street? Ce serait encore une idée. Imaginez Martin Scorsese, Pedro Almodovar ou Terrence Malick confortablement assis sur le bitume lors d’une manifestation internationale réclamant la libération de leurs homologues, ça aurait du poids. 

    En attendant (et en espérant surtout que la situation ne perdure pas au point d’en avoir à imaginer d’autres alternatives), à l’initiative du Comité de Soutien aux Cinéastes iraniens Emprisonnés, créé par des artistes iraniens en exil et relayée à l’initiative du Festival de Cannes, de la Cinémathèque française, de la SRF, de la SACD, de France Culture, de l'ARP et de la SCAM, une pétition en ligne a été lancée cette semaine sur internet. Nous en reproduisons ici l’appel intégral. 

    Les dernières informations en provenance d’Iran sont très alarmantes, elles concernent la situation des cinq cinéastes iraniens emprisonnés depuis le 18 septembre. Rappelons leurs noms : Mojtaba MIRTAHMASB, Nasser SAFFARIAN, Hadi AFARIDEH, Mohsen SHAHRNAZDAR, Marzieh VAFAMEHR, tous réalisateurs, ainsi que Katayoun SHAHABI, productrice de films.

    Les médias gouvernementaux, les délégués du Sénat de Téhéran, le ministre de l’Information, celui de la Police secrète, le ministre de la Culture, le directeur général du ministère de la Culture, trois réalisateurs islamiques proches du régime, douze associations d'étudiants islamiques, le site du gouvernement et les télévisions, ont accusé les 6 réalisateurs arrêtés en les traitant d'espions, annonçant que l'espionnage en Iran était passible de longues peines de prison. Les familles des réalisateurs emprisonnés ont appris qu'elles n'avaient pas le droit de rendre visite à leur proche.

    Le gouvernement iranien a également arrêté le caméraman, Touraj ASLANI, alors qu’il se trouvait dans un avion en partance pour la Turquie.

    La Maison du Cinéma en Iran avait lancé un appel pour la défense et la libération des cinéastes emprisonnés. Les médias gouvernementaux ont annoncé que la Maison du Cinéma en Iran n'aurait désormais plus de reconnaissance officielle, accusée d’être un parti politique en contact avec l'étranger.

    Selon nos informations, le gouvernement iranien a l’intention de museler tous les organismes et artistes indépendants.

    Le ministre de l'Information en Iran a demandé aux familles des réalisateurs de s’en tenir au silence, et de ne pas évoquer la situation des cinéastes emprisonnés.

On peut signer la pétition ici

Bon cinéma, en ne les oubliant pas 

Helen Faradji

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