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24 IMAGES AU FNC - JOUR 1 - par Serge Abiaad

2011-10-13

LA GUERRE EST DÉCLARÉE, DEMAIN CINÉMA

    Hier soir la guerre fut doublement déclarée, à l'écran et dans la tribune. Comme François Marcerola, président de la SODEC, avait fait « la nique à tous les râleurs de service », pour reprendre les termes qu'Helen Faradji avait justement utilisés dans son billet du 15 septembre pour dénoncer haut et fort la folle idée conceptuelle qu'avait eu le troubadour du milieu culturel de regrouper les 3 grands festivals de films de Montréal (Fantasia, Festival des Films du Monde et Festival du Nouveau Cinéma), Claude Chamberlan, co-fondateur et directeur de la programmation du FNC a profité hier de l'ouverture de la 40e édition de son festival pour faire retentir le signal d'alerte (à sa manière brouillonne et chancelante). Chamberlan avec son humour décalé et décadré a rendu hommage à tous les festivals du Québec allant de celui de la Poutine à celui de la Patate pour faire comprendre à M. Marcerola de ne pas toucher au sien, tout ça sous le regard certes désapprobateur de l'accusé. La classe !

    Ensuite ce bref, mais retentissant moment de culture politique laissa place très rapidement à la politique culturelle avec Valérie Donzelli et Edouard Weil, producteur de son film La guerre est déclarée, qui prirent brièvement la parole pour des remerciements timides, un peu maladroits et un peu trop abrégés au gout des « invités ». Mais que dire de plus devant 1000 personnes lorsqu'un million d'autres ont déjà vu votre film? Tout ou rien. Donzelli décide de rester dada et c'est tout à son honneur.  Belle projection, beaux films, belle réception. Le long-métrage fut précédé par le remarquable court-métrage animé de Theodore Ushev (que tout le monde dans la salle avait déjà vu 17 fois) commandé par le festival même qui a attribué carte blanche à 9 autres « habitués » pour réaliser un film de moins de 4 minutes, seule restriction. Et pour ceux qui n'ont pu assister à la projection parce qu'ils n'ont ni la patte dans la porte, ni un cousin monteur, ni une tante qui connaît Philippe Gajan, le film sera repris ce soir même à 19 h au Quartier Latin.

    La soirée ne faisait que commencer pour les plus branchés et les moins branchés  qui se dirigèrent vers les quartiers généraux du Festival à l'Agora du cœur des sciences de l'UQAM pour se faire des bises, trinquer, faire acte de présence, et dire à haute voix qu'ils ont adoré le film d'ouverture et à voix basse que ce n'était pas leur tasse de thé et qu'un film québécois aurait mieux fait l'affaire, déjà pour redresser l'ambiance, mais aussi pour honorer comme il fallait un chiffre très rond comme 40. Mais passons, des fêtes il y en aura tous les soirs, les 10 prochains jours. N'oublions surtout pas qu'il y aura aussi des films, parce qu'un festival, comme une fenêtre vers le monde, ça ouvre et ça se referme, mais entre les deux ça laisse passer beaucoup d'air frais.

    À surveiller donc aujourd'hui Elena de Andrei Zvyagintsev auteur du remarquable Le retour, gagnant du lion d'or à Venise en 2003, Guilty of Romance du japonais Sion Sono qui nous avait terrifiés il y a presque 10 ans avec son désormais légendaire Suicide Club et qui n'a cessé depuis d'explorer les limites du macabre, Kippour d'Amos Gitai dans le cadre de la rétrospective dédiée au cinéaste israélien pacifiste. Mention spéciale aussi pour The last Christerios du jeune cinéaste Matias Meyer, un film qui aborde la persécution de religieux mexicains dans les années 20, et l'époustouflant et effroyable Searching for Hassan d'Edouard Beau qui nous mène droit au cœur de la brigade nationale iraquienne, terrorisant inlassablement les villageois par ses affolantes chasses aux « terroristes ».  

Hier la guerre était déclarée, aujourd'hui elle continue. Bon air frais!

Serge Abiaad

La bande-annonce de La guerre est déclarée:

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