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Premiers plans - un billet d'Helen Faradji

POTAGER DE SEPTEMBRE

2007-09-06

Potager de septembre

    L’été s’achève doucement. Dans les potagers, les maraîchers en herbe voient leurs derniers fruits gorgés de soleil et leurs derniers légumes d’été éclore. Pour le cinéphile aussi, la récolte hebdomadaire s’annonce triste.

    Faudrait-il croire, malgré tout, que c’est encore au Festival des Films du Monde qui se terminait en fin de semaine, que l’on aurait pu trouver de quoi remplir notre besace? L’affolement est en tout cas entier pour ce Ben X, premier long du belge Nic Balthazar, lauréat du grand prix des Amériques (ex æquo avec Un secret de Claude Miller dont on nous a également dit du bien – en salles le 5 octobre) ainsi que des prix du jury œcuménique et du public. Selon nos médias, nos distributeurs se seraient battus pour en acquérir les droits. Attendons de voir qui aura remporté la mise et espérons-le sur nos écrans. De bons échos également pour Noodle, de l’israëlien Ayelet Menahemi, grand prix spécial du jury, qui attise lui aussi notre impatience. Pour le reste du palmarès, faites un petit tour ici.

    Nous parlions donc d’un triste potager. Car soyons honnêtes, cette semaine annonce, peut-être bien plus que d’autres, son lot de navets gris.

    Comme ce Je crois que je l’aime, bluette de Pierre Jolivet mettant face à face Vincent Lindon en professionnel aux dents de loup mais au cœur tendre et Sandrine Bonnaire en céramiste charmante. Oh oui, les acteurs seront bons, la romance prenante, mais on a certainement déjà vu plus frais.

    C’est plutôt du côté du polar que Claude Lelouch a décidé, lui, de livrer sa nouvelle production, Roman de gare. Enfin, le chat est sorti du sac (Lelouch avait en effet décidé de réaliser ce film sous un pseudo, Hervé Picard, pour, selon ses dires, ne pas « orienter » la réception du spectateur), mais comment dire? Qu’il garde ou non son nom, Lelouch reste Lelouch. Et malgré la présence de Fanny Ardant (en plein incident diplomatique avec l’Italie après avoir déclaré qu’un des chefs des Brigades Rouges était un héros qu’elle admirait), une nouvelle leloucherie reste bien peu excitante.

    Rien de bien plus affriolant du côté américain non plus, dont 2 longs et un documentaire nous parviennent. Shoot’em Up, signé Michael Davis, en premier lieu, sorte de BD filmée grotesque et ultra-violente aux clins d’œil plus qu’appuyés à John Woo où il s’agit de protéger un bébé de fusillades diverses et variées et où Clive Owen et Paul Giammetti (excellent en méchant) viennent gâcher leurs talents face à une Monica Bellucci aussi allumée qu’une endive en fin de cuisson.

    The Brothers Solomon, ensuite, de Bob Odenkirk, réunissant deux comédiens de télé (Will Arnett de la série Arrested Development et Will Forte de Saturday’s Night Live), fait plutôt, pour sa part, dans la pochade adolescente en suivant deux frères bien décidés à offrir un petit-fils à leur père mourant. Ouf.

    Rayon documentaire, ce Your Mommy Kills Animals, réalisé par Curt Johnson, nous fait voyager dans le monde merveilleux de la défense des animaux. Considérés comme une menace terroriste par le F.B.I., plusieurs de ces groupes y développent leur effrayante rhétorique et leurs affolants détournements idéologiques, tandis que le film s’abîme dans une succession rapide d’images d’archives et d’extraits d’entrevue refusant de véritablement prendre position.

    3 :10 to Yuma
nous réconciliera peut-être avec notre cinéma cette semaine. Réalisé par James Mangold (Walk the line) et remake d’un classique du genre de 1957, ce western mis au goût du jour adapté d’un roman d’Elmore Leonard oppose Russell Crowe et Christian Bale, tout en laissant au grand Peter Fonda une jolie place, dans ce bon vieil Ouest, terres de toutes les rivalités les plus mythiques. À découvrir

    Restaient deux films à récolter. Goya et ses fantômes, dernière livraison de Milos Forman et sa plongée dans les dernières heures de l’Inquisition pendant lesquelles Goya, peintre officiel de la cour du roi d’Espagne doit défendre sa muse injustement accusée d’hérésie. Mais également Bluff, film d’ouverture du FFM et premier essai du duo Lavoie-Fecteau. Notre cœur, parfois chauvin, a opté pour ce dernier. Peut-être n’aurions nous pas du.

Helen Faradji

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