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ACROSS THE UNIVERSE - Critique d'Helen Faradji

2007-09-13

Dites-le avec une chanson.

    On dit souvent des chansons exceptionnelles qu’elles sont universelles. Qu’elles parlent à tous avec la même intensité. Mais au-delà de cette simple observation, on se demande rarement ce que ces chansons peuvent bien vouloir dire.

    Voilà qu’un film vient proposer de donner une signification aux monuments que sont devenues les chansons des Beatles. 33 d’entre elles, utilisées comme véritable architecture du récit, ont été choisies par la cinéaste Julie Taymor (Titus, Frida) pour raconter les années 60 et 70 et leur effervescence créatrice. Across the Universe, donc, où, en plus des chansons, se croiseront Jude, Lucy, Prudence, Sadie, JoJo, les fantômes de Janis Joplin et Jimmy Hendrix et tant d’autres.

    Comédie musicale peu banale mais franchement inégale, donnant réellement vie à certains classiques du répértoire des 4 garçons dans le vent, Across The Universe demande pourtant une certaine patience à son spectateur. Anticipant un plaisir pop, celui-ci doit en effet attendre le passage laborieux d’un premier tiers de film plongé dans une eau-de-rose à la Barbara Cartland, trompant l’ennui par un enthousiasme feint et accumulant situations convenues, interprétations automatisées et illustrations sans relief de chansons massacrées.

    Mais une fois ce gros gâteau à la crème industriel avalé viendra le temps de la tarte au citron peps et acidulé. Come Together, soulignant l’arrivée à New York du musicien Jojo, marquera la césure. Bienvenue dans Greenwich Village, bienvenue dans les années 60, fleurs dans les cheveux, foulards au vent, envie de changer le monde et manif anti-guerre.

    Comme galvanisée par l’esprit flower power, la mise en scène de Taymor prend alors une ampleur soudaine, rappelant par ses accumulations fantaisistes et baroques la manière d’un Baz Luhrmann. I want you pour signifier l’entrée dans l’armée d’un personnage, I’m The Walrus (interprété par un Bono à l’aise) pour accompagner leur quête psychédélique, Happiness is a warm gun pour le traumatisme d’un vétéran : la porte est ouverte à une fantaisie sincère et entraînante, à une imagination délirante et communicative. Travaillée comme des tableaux lumineux (on retrouve à la DOP le français Bruno Delbonnel, notamment responsable du look parigot-rétro d’Amélie Poulain) chorégraphiés avec minutie, chaque séquence musicale fait alors d’Across the Universe une ode non seulement à l’incroyable richesse des mélodies et textes des 4 de Liverpool mais encore à l’énergie de ces deux décennies où l’on pouvait encore croire sincèrement les chanteurs qui disaient « don’t you know that everything is gonna be alright »

Helen Faradji

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