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SEVERANCE - Critique d'Helen Faradji

2007-09-20

Moitié-moitié

    Pour résister à l’humour anglais, il faut soit être curé, soit être mort. Des Monty Pythons à Ricky Gervais, la perfide Albion a en effet su livrer au monde une dose régulière de rigolade pince-sans-rire et d’humour décalé absolument irrésistible.

    D’autant que cet humour sait aussi bien se marier. Ce qu’on avait déjà vu dans Shaun of the Dead, illustre pochade où se mélangeaient avec brio films de zombie et facéties british, ou dans Hot Fuzz, toujours signé Edgar Wright, et qui réservait le même sort au film d’action.

    Dire donc que l'on attendait de voir Severance, s’amusant à faire joujou dans les terres conjuguées de la comédie et cette fois du film de psychopate-poursuivant-dans-les-bois, plus communément appelé slasher, est un euphémisme. Signée Christopher Smith (auteur d’un beaucoup plus conventionnel Creep), la comédie horrifique qui s’inscrit donc dans cette nouvelle tradition du moitié-moitié ravit pourtant autant qu'elle déçoit.

    Présentée comme une rencontre au sommet entre la série The Office et Delivrance, Severance suit un terne groupe d’employés d’une société de vente d’armes parti dans le bois hongrois serbe ou roumains – personne ne le sait exactement - en week-end de motivation. La belle affaire. Menée par un patron démago-mégalo, la joyeuse troupe découvrira pourtant dans la forêt un camp d’anciens prisonniers. Commencera alors un joyeux mais sanglant jeu de "promenons nous dans le bois pendant que le loup y est".

    Au contraire d’une parodie assumée qui viserait davantage à vider complètement les conventions du genre slasher de ses propriétés horrifiques en s’en moquant ouvertement (comme dans Scream), Severance réussit plutôt à préserver les fonctions de chacun de ses éléments en s’assurant d’un éclairage crapoteux peaufinant à souhait l’ambiance sanglante et brutale du slasher, mais également celle de la comédie sociale acerbe. Toutefois, on regrettera que la seconde partie du film, celle où l’on se découpe en morceaux avec frénésie, ne parvienne pas à maintenir cet équilibre. Plombée par d’inutiles passages à vide, parfois sans queue ni tête, l’humour quitte la satire du monde de l’entreprise – qui déjà manquait sérieusement de férocité - pour se limiter à quelques blagues d’ado sans grand intérêt. Le mélange ne prend plus et Severance n’en ressort qu’à moitié réussi.

Helen Faradji

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