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Premiers plans - un billet d'Helen Faradji

LA GUERRE, LA GUERRE, C'EST PAS UNE RAISON POUR SE FAIRE MAL

2007-09-27

La guerre, la guerre…c’est pas une raison pour se faire mal.

    Alors que le Festival du Nouveau Cinéma vient d’annoncer sa très jolie programmation 2007 (au diapason de laquelle se mettre bientôt 24IMAG, restez attentifs), nos écrans eux aussi choisissent la variété comme menu de la semaine.

    À un bout du spectre, on retrouvera ainsi le premier long signé de l’auteur Eric-Emmanuel Schmitt, Odette Toutlemonde. Bien sûr, on aime Catherine Frot et Albert Dupontel, mais les aime-t-on assez pour plonger avec eux dans cette « comédie sur le bonheur » et patauger dans l’univers chrétien rose-bonbon de l’écrivain le plus aimé des bonnes âmes? Pas sûr.

    Toujours l’amour, comme dit la chanson, dans Feast of Love de Robert Bentin, à qui on pourrait bien pardonner beaucoup de choses, vu son ancien mais poignant Kramer vs Kramer. Tiens, qui sait, on serait peut-être même incliné à ne pas trop rechigner devant ce méli-mélo sentimental où s’illustrent Morgan Freeman, Greg Kinnear et Radha Mitchell.

    Même chose pour Puffball, récemment présenté au Festival des Films du Monde et signé Nicolas Roeg (Don’t Look Now, A Man who Fell to Earth). En voilà encore un à qui on passerait beaucoup, même cette histoire d’architecte enceinte perdue dans la campagne irlandaise, où l’on retrouve Kelly Reilly, Miranda Richardson et Donald Sutherland.

    Il n’en ira certainement pas de même pour The Game Plan, dont 3 mots résument la teneur : The Rock, football américain et fillette de 7 ans. La vie est beaucoup trop courte.

    Au cœur de 3 sorties de la semaine, on retrouve une même thématique : la guerre. Celle contre le terrorisme d’abord, qu’aborde avec une subtilité digne des plus grands lutteurs The Kingdom signé Peter Berg. Aidé de ses acteurs à la finesse remarquable (Jamie Foxx, Jennifer Garner et Jason Bateman, la fine pointe de la délicatesse, on vous dit), le film suit les traces d’enquêteurs chargés de retrouver les méchants méchants terroristes ayant fait sauter une maison en Arabie Saoudite. Boumbadaboum, tous aux abris.

    La guerre d’Irak a elle aussi cette semaine droit aux honneurs cinématographiques. On ira néanmoins découvrir avec beaucoup plus de gourmandise ce que Paul Haggis (réalisateur de Crash, scénariste de Million Dollar Baby, Casino Royale, Flags of our Fathers et Letters from Iwo Jima, parlez-moi d’une feuille de route) a à en dire dans In the Valley of Ellah où un vétéran et sa femme (Tommy Lee Jones et Susan Sarandon) cherchent leur fils disparu après son retour d’Irak, aidé d’une détective (Charlize Theron. En fin limier? On demande à voir)

    Troisième guerre, celle du Rwanda. Notre guerre pourrait-on dire tant un canadien, Le lieutenant-général Roméo Dallaire, y joua un rôle clé. Inspiré par ses mémoires, J’ai serré la main du diable signé Roger Spottiswoode plonge donc au cœur de cet affreux génocide laissant le soin à Roy Dupuis (qui d’autre?) d’incarner le général. Et que ceux qui oseraient penser que notre bon Dallaire n’est pas un héros plein de courage et d’intégrité, un « officier brillant, bourreau de travail et commandant charismatique» (comme le dit le dossier de presse)  retournent à leur catéchisme. Le film est très clair là-dessus.
Par pur mauvais esprit, on ne peut s’empêcher de vous faire part du lancement fort élégant utilisé par Sophie Thibault à TVA pour présenter l’événement que fut le tapis rouge du film cette semaine : "Le général Roméo Dallaire, qui a foulé le sol ensanglanté du Rwanda, a foulé le tapis rouge ce soir." Sans commentaire.

    Où trouvera-t-on alors un peu de douceur dans ce monde de brutes? Peut-être dans Un cri au bonheur, projet fort original réunissant 21 poèmes sur le thème du bonheur mis en image par 11 cinéastes: Geneviève Allard, Paule Baillargeon, Manon Barbeau, Philippe Baylaucq, Michel Brault, André Forcier, Marie-Julie Dallaire,  Chloé Leriche, Kim Nguyen, Marcel Simard, Denis Villeneuve. Tous ces cinéastes ensemble dans un même film, ce serait bête de se priver.

    Mais puisque la semaine éparpille ses thèmes et figures avec frénésie, pourquoi ne pas justement se frotter au moins classable des cinéastes, Guy Maddin, extraordinaire cinglé de Winnipeg dont el dernier film Brand Upon the Brain! prend l’affiche dans le cadre de la rétrospective que consacre le cinéma du Parc au cinéaste? Un choix logique pour notre film de la semaine.

Bon cinéma.

Helen Faradji

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