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PANACHE - Critique de Simon Galiero

2007-10-04

Panache

    Quelque part dans une forêt, au beau milieu de la nuit, des chasseurs se lèvent avant le petit matin. D’emblée, la caméra braque de son spot leurs yeux endormis, suscitant des regards perplexes qui ne sont pas sans rappeler celui d’un animal surpris par les phares d’une automobile ou la présence d’un homme. Les premières images de Panache sont plutôt envoûtantes ; elles battent la mesure du récit, nous placent directement dans le vif du sujet. Cette première séquence réussie nous laisse envisager une suite à la même hauteur... Ce qui ne sera pas toujours le cas.

    Du rythme poétique du début, on se retrouve dans un cadre de plus en plus commun, celui d’entrevues face à la caméra qui tentent de nous faire saisir la complexité de quelques hommes et de leur rapport à la chasse. Leurs témoignages sont certainement tous intéressants, mais on a la pénible impression que le film aurait pu mieux les servir, les placer dans un contexte général plus fort et pertinent. On est aussi perplexe quant aux interventions fréquentes de la réalisatrice (qu’on entende sa voix seulement ou qu’elle apparaisse dans l’image) ; il y a une sorte de rapport mal défini qui se crée entre elle et les chasseurs, avec à la fois un peu de vrai et un peu de faux, mais pas assez de l’un ou de l’autre pour qu’on en saisisse la nécessité. Les questions les plus récurrentes qu’elle leur pose nous semblent également soit pas très inspirées (« As-tu une blonde ? Aimerais-tu en avoir une ? ») ou encore simplement incongrues (« Es-tu allé à l’école ? »). Ces questions et les réponses qu’elles entraînent donne un aspect un peu artificiel au film, le rendant plus agaçant que véritablement engageant. Et ce, malgré le savoir-faire évident qui transparaît dans la réalisation.

Simon Galiero


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