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CANNES, JOUR 0 - Wes Anderson en entrée - Par Philippe Gajan

2012-05-17

     Cannes, c'est le 1er janvier du cinéphile, le premier jour de l'année car Cannes reste encore ce festival qui avant Venise, bien avant Berlin, détermine les tendances de l'année en cinéma d'auteur, un peu comme le ferait un défilé de mode. Certes, Cannes « fait » de moins en moins l'année des salles de cinéma (quoique... The Artist a débuté sa carrière il y a tout juste un an ici-même, quoique... Cannes a-t-il jamais fait recette ?), mais à coup sûr, Cannes influence les autres festivals qui se serviront des locomotives cannoises pour mettre en lumière leur propre sélection. Cannes, en tout cas sa sélection officielle, c'est encore et toujours le faiseur de rois, un festival qui peut se permettre encore aujourd'hui d'affirmer qu'il rayonne au-delà d'un cercle restreint d'illuminés nommés les cinéphiles purs et durs, ceux qui savent prononcer et écrire sans se tromper le nom du réalisateur de l'Oncle Boonmee, Palme d'or il y a deux ans.

    On aura donc largement l'occasion de commenter la teneur des différentes sections tout au long des douze jours que dure le Woodstock du cinéma dit d'art et d'essai de ce côté-ci de l'Atlantique, mais d'ores et déjà, on peut dire sans trop s'avancer qu'il n'y a pas cette année de favori annoncé, évident, immédiat : pas de Tree of Life, plébiscité ET palmé d'or l'an dernier. On remarque également la poursuite d'une tendance lourde amorcée ces dernières années : la part congrue du cinéma dit de festival (entendre lent et chiant... pour certains, nectar divin pour d'autres...) dignement représenté néanmoins par Carlos Reygadas par exemple et la présence en augmentation constante du cinéma dit de genre. Géographiquement, l'importante présente d'un contingent plutôt identifié à la galaxie hollywoodienne, est particulièrement remarquable (John Hillcoat (The Road); Andrew Dominik (The Assassination of Jesse James By The Coward Robert Frank), Jeff Nichols (Take Shelter), Lee Daniels (Precious), voir même Walter Salles).

    Du coup, le film d'ouverture apparaît tout à fait dans le ton (et pour la première fois depuis longtemps est en compétition) : une comédie, premier film à Cannes de Wes Anderson, réalisateur américain reconnu par la critique depuis très longtemps. Un film absolument charmant, résolument inoffensif, sorte de Badlands pour les enfants (ou peut-être de The Lord of the Flies, toujours pour les enfants) enfin bref, une sorte de Paul et Virginie chez les scouts. Wes Anderson est le parangon du cinéaste bricoleur de génie doublé d'un grand fantaisiste (un peu comme Michel Gondry qui ouvre demain la Quinzaine, mais en plus réussi), avec probablement un goût particulier pour l'institution familiale. En soi donc, un film assez peu surprenant, néanmoins très agréable, au casting assez incroyable (Bruce Willis, Edward Norton, Frances McDormand, Tilda Swinton, Bill Murray...), en fait un film parfait pour ouvrir Cannes.

    Demain, les choses sérieuses commencent : Audiard, Lou Ye, Ormibaev, Seidl... Et avec ça, il sera juste 18h et j'aurais très probablement loupé le docu de Apichatpong... Demain, je vous parle également de la très grande déception que représente pour moi l'incursion de Yousry Nasrallah sur la place Tahrir.

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Vos réactions (1)

  1. Vivement la suite... Bonne nuit les louveteaux lève-tôt

    par tibo, le 2012-05-16 à 23h21.

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