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CANNES, JOUR 8 – Les stars débarquent - Par Philippe Gajan

2012-05-25

Alors, Cosmopolis, le grand retour de Cronenberg ou non? Ce qu'il y a de chouette à Cannes, c'est que les films les plus intéressants sont toujours ceux qui divisent le plus. C'était le cas pour Holy Motors, encensé par la critique française, écarté par la critique internationale (pour faire vite), c'est le cas de Cosmopolis. Je rejoindrai les rangs des dubitatifs, mais je prends un joker, car je voudrais le revoir. Ceci dit, en première approximation, Cosmopolis est un film terriblement claustrophobe (c'était le but), et surtout très bavard. Bavard? Enfin, c'est surtout un monologue (tous les dialogues du livre éponyme de Don De Lillo interprétés par le vampire de Twilight) essentiellement déclamé dans une immense limousine, rythmé par des intermèdes d'ordre sexuel. Nous voilà donc rendu, encore une fois, à la fin du monde, du monde capitaliste (précisons, c'est important), vu cette fois-ci par l'un des acteurs de ce monde. Donc... Deux heures pour assister à l'effondrement de ce monde, sur le mode d'une succession de visites dans la limousine, une sorte de descente aux enfers. Le problème est plus que jamais se pose la question de l'adaptation. Qu'est-ce qu'apporte le film au (brillant) livre. Rien, il ne met pas en valeur un texte trop dense et trop subtil, et aurait même tendance à le banaliser. Certes, il résonne sur notre époque (moins visionnaire cependant qu'un livre écrit avant les événements du 11 septembre) mais il n'est en aucun cas transgressif. Du Cronenberg qu'on attendait, il n'y a que (!) une mise en scène au cordeau et des thèmes chers au cinéaste. Comme une disjonction entre le film (réussi) et le propos (à peine effleuré). Je me suis pris à rêver à une inversion. Haneke au commande du Cosmopolis et Cronenberg du Amour. Comme une redistribution des cartes entre perversion et cruauté. Car de ces deux ingrédients, nulle trace dans le Cosmopolis de Cronenberg.

Sinon, l'autre événement mondain sur les marches, c'était The Paperboy de Lee « Precious » Daniel. Nicole Kidman, Zac Efron, Matthew McConaughey, John Cusack, Macy Gray… Bref de la star! De mauvaises langues y virent la raison de sa sélection. D'autres l'ont trouvé violent et vulgaire. Ce n'est pourtant qu'une adaptation (encore!) honnête d'un polar moite et poisseux de Pete Dexter (forcément, ça se passe en Louisiane). Bref du Hollywood lambda : bien joué, un tantinet sulfureux avec un zeste de provoc... La routine quoi, ni raté, ni franchement transcendant, pas de quoi fouetter un chat.

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