Format maximum

Premiers plans - un billet d'Helen Faradji

VOTEZ!

2012-08-30

    Le printemps érable, les casseroles, les carrés rouges, le web comme lieu privilégié d’expression… L’année 2012 qui reste loin d’être finie aura pourtant déjà été riche en symboles, en inspirations, en espoirs de changement. Tout cela finira logiquement dans l’urne. Mais ce qui arrivera le 5 septembre au matin ne dépend que de nous. Et comme toutte est toutte dans le merveilleux monde du cinéma et qu’il n’y a, au fond, jamais assez de raisons de légitimer le processus démocratique, voici dix bonnes raisons, toutes cinématographiques, de se déplacer le 4 septembre prochain pour accomplir son devoir citoyen.

    Parce que si le cinéma fabrique des souvenirs, le vote, lui, fabrique un avenir. Et dans la vie, contrairement aux films, les bons n’ont aucune garantie de gagner à la fin. Ils ont besoin de notre coup de pouce. Nous sommes les scénaristes et les metteurs en scène de notre destin.

    Parce que celui qui ne vote pas n’aura aucun droit à la plainte ou à la récrimination ensuite. Comme celui qui ne va pas voir les films, en réalité. À la singulière différence que dans le monde réel, l’obligation de se taire peut durer, durer, durer…

    Parce que, qu’on le remarque ou non, le climat politique que l’on se choisira influera nécessairement sur celui de nos films. En plaçant notre bulletin dans l’urne mardi prochain, on décidera aussi, en partie, de ce qui caractérisa les films des prochaines années : la rage, la joie, l’amertume, l’espoir…

    Parce que, même si elle est loin d’être une priorité pour nos chers candidats, la culture dans son ensemble sera modelée par la tonalité que prendra le nouveau gouvernement. Financée, sous-financée, innovatrice ou non, inspirée ou non...: ceux qui tiendront les cordons de la bourse en décideront. Au moins en partie (à ce sujet, on ne saurait trop vous conseiller la lettre de la coalition culture pour la survie de l’ONF).

    Parce que dans toute fiction politique qui se respecte autant que dans la vie, le moment du vote est celui du climax, le moment-clé. La musique se fait solennelle, les plans majestueux, l’isoloir devient un temple. Un moment sacré, ou presque, que l’on ne rate donc pas en allant aux toilettes.

    Parce que tout ce que nous avons vécu depuis février dernier, et notamment par images interposées (et quelles images!) a trop stimulé la créativité collective, l’imaginaire commun, le projet tangible d’un tous ensemble plus fort que tout le reste qu’on ne peut décemment imaginer que cela retombe comme un vulgaire soufflé mal cuit en une petite journée.

    Parce qu’un jour, c’est sûr, le film « 2012 » existera. L’autre film « 2012 ». Celui qui nous racontera, qui rentrera dans les détails de ce bouleversement dont on mesure à peine encore les répercussions et qui se conclura mardi prochain. Documentaire ou fiction, il se fera. Et comment ne pas imaginer, vieillissant et ridé, dire à nos petits-enfants captivés « oui, j’y étais »?

    Parce que, et c’est suffisamment rare pour le souligner, toute cette effervescence politique, sociale, culturelle, économique est bien plus palpitante que la plupart des films qui ont atterri sur nos écrans cette année.

    Parce que, que l’on choisisse le vote stratégique à la Bernard Émond ou le vote du cœur, que l’on soit émotif ou cérébral, on n’est, comme devant un film, jamais mieux servi que par soi-même.

    Parce que s’abstenir, c’est se désengager. Et que, devant un bulletin de vote ou un film, il n’y a probablement rien de plus néfaste pour la suite du monde.

Bon cinéma, bonnes élections

Helen Faradji

Publier sur twitter Partager

Vos réactions (0)

Soumettre une réaction

  *Votre courriel ne sera pas publié et est demandé seulement à titre de référence.