Format maximum

Premiers plans - un billet d'Helen Faradji

FNC, 41eme, C’EST PARTI

2012-10-11

    Pour le vif du sujet, vous n’aurez aucune excuse: édition spéciale dans le nouveau numéro de la revue 24 Images et blogues quotidiens à suivre religieusement ici-même sur revue24images.com. Mais un Festival, d’autant plus lorsqu’il porte le nom de Nouveau Cinéma, ne se vit pas qu’à travers ses films et invités.  C’est aussi dans ses à-côtés, ses cadeaux bonus, les surprises sorties de son panier (comme la présentation des quatre premiers films du noble et inspirant Projet Jafar Panahi, signés Pierre Hébert, Francis Desharnais, Steven Woloshen et Theodore Ushev, à découvrir devant les programmes de courts-métrages) qu’il vibre et se distingue d’un alignement à la queue-leu-leu d’œuvres plus ou moins attendues.

    À commencer par le retour plus que bienvenu, pour une deuxième année, des cartes blanches. Sept cinéastes, une poignée de minutes offertes et un thème, « Liberté chérie », pour mieux décliner sur le site du Festival et dans les salles un amour véritable de l’outil cinéma. Après Anaïs Barbeau-Lavalette et André Turpin et leur mélancolie amoureuse en prison, Anne Émond et ses doux espoirs placés en la jeunesse et Kevin Papatie et sa maîtrise en sépia de la forme, nous reste encore à découvrir les offrandes de Félix Dufour-Laperrière, Jean-François Caissy et Istvan Kantor pour s’aiguiser le regard. L’idée est belle, bien interprétée et élégante. Pourquoi s’en priver ?

    Bien sûr, il y aura aussi de l’événement digne de ce nom du côté des hommages et rétrospective: dans celle, par exemple, consacrée aux productions du studio Nikkatsu, poursuivie ici après avoir été amorcée à Fantasia, ou dans celle, majeure et accompagnée d’un copieux dossier sur le site de nos amis de Hors Champ, consacrée à l’œuvre de Philippe Grandrieux, dans encore le foisonnant focus sur l’œuvre de William Klein ou les hommages à Marker, Roussopoulos, Dwoskin et Gagné.

    Mais c’est encore du côté des rencontres et autres conférences que le FNC nous offrira notre pain annuel. Une jasette sur le futur et la conservation des images à l’heure du passage au tout numérique, une autre sur les œuvres radio de Glenn Gould, une (évidemment) sur les devoirs et responsabilités des créateurs à l’heure des grands mouvements sociaux (à la Casa del Popolo) ou encore cette intrigante performance intitulée Tête à Tête où l’on sera convié à se confronter à l’Autre, dans tous les sens du terme, grâce à un jeu de miroirs orchestré par Stéphane Gladyszewski (au Centre Phi). Et aussi cette rencontre avec le cinéaste-hypnotiseur ( !) Albert Nerenberg, ces films « prêts à imaginer », création pleine de promesses d’Albin de la Simone qui créera du cinéma en compagnie de ses comédies sous nos yeux ébahis ou même ce troisième volet de la trilogie américaine de Dominic Gagnon, Big Kiss Goodnight, et ses regards multiples et virtuels glanés sur internet sur l’état de l’Amérique d’aujourd’hui. Mais encore une flopée d’œuvres interactives, capables de passer du pop art à Kool-Aid Man, en passant par Arcade Fire, la révolution hippie à Goa, l’Ukraine, une grizzli femelle ou des photographies féministes ou une exposition vidéo d’œuvres de plus de 40 artistes dans le cadre du projet Montréal/Brooklyn (Galerie de l’Uqam) pour mieux réfléchir et mettre de l’avant toutes ces avenues nouvelles que le cinéma dit « traditionnel » n’aura un jour plus le choix d’emprunter s’il veut lui aussi ouvrir la porte de demain.

    De quoi avoir le beurre, l’argent du beurre et le joli sourire de la crémière.

Bon festival, à haute teneur en cinéma

Helen Faradji

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