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POOR BOY'S GAME - Critique de Rachel Haller

2007-10-14

Poor Boy’s Game de Clément Virgo

    Culpabilité, vengeance et pardon sur fond de conflits raciaux. Ces motifs sentent le réchauffé. D’autant que la rédemption se gagnera à la force de l’uppercut sur un ring. Mais le Canadien Clément Virgo (Love Come Down, Lie With Me) ne cherche ni à rivaliser avec Scorsese ou Eastwood, ni à parader à la pointe de l’analyse sociologique. Il insuffle seulement un peu d’air dans une atmosphère viciée. Viciée par la pauvreté, l’ignorance et la peur de la différence qui, dans le Halifax des quartiers défavorisés, prend la couleur de la peau.

    Pur produit de ce milieu, Donnie (Rossif Shuterland) a passé neuf ans au trou pour avoir massacré jusqu’à l’infirmité un rival au teint foncé. A sa sortie de prison, il veut se racheter. Mais sa communauté y voit une ultime trahison et le père de la victime (Danny Glover) une tentative inutile pour sauver sa peau. Difficile d’échapper à la fatalité de la violence. Plus difficile encore de se soustraire aux lois du clan. Donnie s’y essaie pourtant. Son combat portera-t-il ses fruits? Clément Virgo ne dépasse pas le destin individuel. Parce que le tribalisme est un réflexe universel, une donnée historique, dit-il. Pour preuve, les communautés noires se sont établies il y a deux siècles à Halifax. Pas de discours révolutionnaire, ni faussement prometteur donc. Aucune prétention non plus dans la mise en scène très classique, mais un film humble porté par des acteurs très convaincants (particulièrement Donny Glover en père meurtri).

Rachel Haller

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