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Premiers plans - un billet d'Helen Faradji

WHY SO SERIOUS?

2012-11-08

    Dans sa critique de Skyfall, Serge Abiaad désigne fort justement les deux  tendances  traversant le cinéma de divertissement contemporain, apparemment scind entre une fascination tonitruante pour tout ce qui pète et explose et une inclinaison vers le noir, le grave, le sérieux. D'un côt, les héros en collant color qui peuvent tout, de l'autre, les capes noires et les rictus mauvais qui peuvent peu. D'un côt, la naïvet de croire que le monde peut encore être sauv, et une croyance aveugle en la toute-puissance, de l'autre, l'amertume de penser qu'il est déj trop tard et que les quelques tentatives héroïques ne feront que retarder l'inéluctable.

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    Envers et malgr lui, et probablement plus encore que le Batman revu et corrig sauce Christopher Nolan, James Bond 23e du nom incarne cette tendance du blockbuster  voir tout en noir. Dans un article aussi riche que fouill, David Cox du Guardian lance d'ailleurs la question : «Comment James Bond est-il devenu le poster boy du nouveau sérieux ? .

    Car, oui, fut un temps o James et ses gadgets, James et ses décors exotiques, James et ses Girls en bikini, James et ses méchants  la limite du surréalisme, James et ses voitures, ses martinis, ses cascades faisait de l'artifice, dans tous les sens du termes, le socle le plus solide sur lequel ériger sa mythologie. Aujourd'hui, depuis que James est devenu Daniel, ou le contraire, et plus particulièrement encore dans ce 23e épisode, les temps ont chang. James souffre, James a mal, James porte sur ses solides épaules les malheurs d'un monde toujours plus chaotique, toujours plus boulevers.

    Avec pertinence, Cox s'interroge alors sur la réelle capacit de Skyfall  enthousiasmer les fans purs et durs de la série qui seront privés de cet ingrédient essentiel  leur plaisir :  le détachement ironique  de James. Comme l'auteur l'explique, les premiers films étaient en effet marqués par ce sourcil lev bien haut comme une réponse kitsch, amusée et jamais dupe au genre de l'espionnage et aux romans de Ian Fleming qui, eux, se prenaient au sérieux en n'envisageant aucun second degr. Mais plutôt que de s'avachir dans le méta et dans la franche rigolade, la nouvelle série des James Bond a plutôt pris acte du monde qui l'entoure. Un monde dur, cruel, douloureux. Un monde grave qui ne peut donc plus être trait comme une plaisanterie.

    Et comme le souligne Cox, cette nouvelle gravit n'a pas envahi que l'univers de l'espion qui ne nous aime plus autant qu'avant. Le nouveau Total Recall a ainsi abandonn la désinvolture de la version de 1990 pour plonger en plein marasme politique et social. Le nouveau Batman a perdu ses couleurs pop. Prometheus a alourdi l'univers d'Alien de sentences dramatiques et pompeuses. The Hunger Games a assombri celui des jeux pour enfants, The Amazing Spider-Man s'est perdu dans les affres des tourments existentiels, Inception et Harry Potter ont eux aussi par leurs images d'une solennit inédite.  Le cinéma se prend davantage au sérieux, tout comme le monde , note Cox.

    Un tour plus sérieux, donc, mais également un appétit nouveau et encourageant de la population pour les idées, aussi dures et intenses soient-elles (Cox cite par exemple le cas de l'événement annuel Battle of Ideas organis par The Institute of Ideas, forc de trouver de nouveaux lieux pour accueillir un public de plus en plus nombreux, notamment de jeunes gens). La crise économique de 2008 a évidemment jou ( un monde développ jouant avec un argent qu'il n'avait pas, sans réfléchir, a du mettre un genoux  terre. Les gens qui pensaient ne pas avoir  réfléchir réalisent qu'ils auraient du le faire .). Mais comme le souligne Cox, ce nouveau penchant vers le  sérieux  n'a pas attendu 2008. Bond et Batman revampés façon sombre datent chacun de 2005. Avant ça, la chute du Mur de Berlin en 1989 peut encore être considérée comme un point tournant, celui o le pragmatisme et un certain pessimisme quant  notre capacit  remodeler le monde l'ont emport sur la force des idéologies.

    Mais si cette nouvelle tendance sérieuse a assurément contamin la forme la plus superficielle de la culture que sont les blockbusters, reste cette merveilleuse maxime relevée par Cox comme un avertissement :  les films sont peut-être devenus plus sombres, cela ne veut pas dire qu'ils sont nécessairement devenus plus intelligents . L'attitude avant le fond, les habits avant le corps, le vernis noir avant la vraie remise en question Au pays du divertissement, même le sérieux n'est que relatif

Bon cinéma, avec ou sans vernis

Helen Faradji

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