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Films de la semaine

XXY - Critique de Rachel Haller

2007-10-15

XXY de Lucia Puenzo

    Hommes, femmes: mode d’emploi? Il n’y en a pas, encore moins quand la nature vous a doté(e) de l’étrange qualité d’être l’un et l’autre à la fois. Alex (très prometteuse Inés Efron) porte depuis sa naissance cette «anomalie génitale» et à quinze ans, elle ne sait plus à quel sexe se vouer. Exilée entre les dunes uruguayennes, sa famille veut la protéger. Surtout le père (excellent Ricardo Darín), adepte convaincu de la liberté de choix. L’ami chirurgien des parents plongerait bien son scalpel dans le spécimen. Le fils dudit boucher ne sait encore s’il préfèrerait qu’elle soit fille ou garçon. Et elle, elle traîne sa monstruosité comme ultime exaltation de son mal-être. C’est d’ailleurs le plus grand atout de ce premier film. Car Lucia Puenzo tord le fil de l’anormalité avant tout pour évoquer la difficile acceptation de soi. Figure archétypale, Alex devient un révélateur. Révélateur des obstacles à surmonter pour se construire une identité. Révélateur aussi de l’inacceptable différence.

    Même si elle fait planer un suspens inutile sur ce qu’elle révèle dès les premières images (une tortue éventrée pour en connaître le sexe, des poupées avec des pénis en mégot…), Lucia Puenzo tient de bout en bout son sujet. Et elle l’explore avec beaucoup de finesse et de sensibilité dans des cadres bleutés et doucement irréels. Une réalisatrice à inscrire sans  hésiter aux côtés de Lucrecia Martel, Fabian Bielinsky, Carlos Sorín et Pablo Trapero au panthéon du nouveau cinéma argentin.

Rachel Haller

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