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Premiers plans - un billet d'Helen Faradji

UN PETIT RÉPIT

2007-10-25

Un petit répit.

    Remis de vos émotions festivalières? Nous, à peine. C’est qu’on en aura vu des bons films durant cette courte période de temps. Juste assez pour se requinquer. Juste assez pour ne pas être saturé non plus. Et tant mieux, parce qu’avec Cinémania et les Rencontres Internationales du Documentaire de Montréal qui s’apprêtent à nous prendre d’assaut (1er novembre pour le premier, 8 pour le second qui fête cette année ses 10 ans), on a besoin de réserves.

    À voir les sorties de la semaine, on se demande d’ailleurs si les distributeurs ont eux aussi décidé de nous laisser du répit. Avec cette logique qui les caractérise, et après nous avoir enseveli durant le FNC, les voilà qui mettent la pédale douce.

    Passons très rapidement sur Dan In Real Life, comédie où sévit le nouveau prince du rire yankee, Steve Carell, face à – quelle drôle d’idée – Juliette Binoche. Même sort pour King of California où Michael Douglas, l’acteur le moins expressif du monde, se transforme en chasseur de trésors fous à lier, et pour Saw 4, toujours signé Darren Lynn Bousman qui à force de tirer sur la même corde gore et imbécile devrait bien finir par la casser, espère-t-on.

    On espérait un peu plus de fraîcheur du côté de The District, film d’animation hongrois d’Aron Gauder ayant râtissé bon nombre de festivals. Mais, avec ses images brouillonnes lorgnant du côté de South Park sans jamais trouver sa propre personnalité, il ennuie plutôt. On s’attend d’ailleurs à la même chose de la part de Reservation Road signé Terry George (Hotel Rwanda) où un homme part à la recherche du responsable de la mort de son fils. Malgré les présences de Joaquin Phoenix, Jennifer Connelly et Mira Sorvino, on se rappellera que Sean Penn avait lui aussi tenté l’aventure du papa souffrant et plein de vengeance dans Crossing Guard et que Chabrol avait lui-même traité magistralement du thème dans Que la bête meure : ça suffisait peut-être.

    Quant à Sleuth, remake du film de 1972 signé Kenneth Branagh et Harold Pinter au scénario, on pourrait bien s’amuser de voir comment le petit Jude Law chausse les bottes du grand Michael Caine en reprenant son rôle, mais – voilà l’astuce – face à lui qui tient ici le rôle qu’incarnait à l’époque l’immense Laurence Olivier. Vous suivez? Le jeu des générations bat son plein pour un film que le Time Magazine a néanmoins qualifié de "worst prestige movie of the year." Ce qui veut tristement tout dire.

    On se rabattra donc volontiers sur les 4 longs présentés au FNC et qui prennent l’affiche cette semaine. On vous a déjà parlé de Poor Boy’s Game de Clement Virgo où Rossif Sutherland, nouveau transfuge de la famille, joue avec une moue de bébé borné sa rédemption par la boxe (ici), du Ring d’Anaïs Barbeau-Lavalette, situé en plein Hochelaga-Maisonneuve et où le jeune Maxime Desjardins-Tremblay crève littéralement l’écran en jeune gamin paumé dans sa misère (ici) et de cette palme d’or 2006, 4 mois, 3 semaines et 2 jours de Cristian Mungiu et son avortement clandestin dans la Roumanie de 1987 (ici) qui vous plombe une soirée comme aucun autre film. Drôle de choix d'ailleurs pour un film de clôture de festival...

    Restait Control, cette biographie stylisée du chanteur de Joy Division, Ian Curtis, signée de la patte du photographe Anton Corbijn. Restait surtout l'envie de se demander pourquoi il fut l’énorme buzz du dernier festival de Cannes

Bon cinéma

Helen Faradji


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