Format maximum

Premiers plans - un billet d'Helen Faradji

NOËL AVANT L'HEURE

2007-11-08

NOEL AVANT L'HEURE

    Que de grosses pointures! Notre semaine cinéma s'annonce non seulement chargée mais encore joliment chargée. Il faudrait être idiot pour s'en plaindre. Parallèlement à la dernière semaine de Cinémania et à la première des Rencontres Internationales du Documentaire (pour plus de détails, voir ici), nos écrans se peuplent en effet d'alléchants objets. Tiens, par exemple, rayon documentaire, mais hors RIDM, quelle bizarrerie, on pourrait bien en prendre une tranche de plus avec ce Darfur Now, de Ted Braun et qui tente de saisir ce qui se passe au Darfour à travers les expériences individuelles de Don Cheadle, Hejewa Adam, Pablo Recalde, Ahmed Mohammed Abakar, Luis Moreno-Ocampo et Adam Sterling.

    Personne ne nous en voudra, par contre, de faire la sourde oreille face aux sirènes sans grand intérêt de P2, à ajouter indifféremment sur la liste des films de frousse pour ados attardés, de Music Within où un sourd vétéran du Vietnam fera appel à notre réserve de bons sentiments, de Fred Claus dans lequel Vince Vaughn joue au petit frère du père Noël, on aura tout vu ou de Saawariya, bien qu'il faudra reconnaître que cette adaptation de Dostoïevski sauce Bollywood a peut-être de quoi intriguer les âmes les plus grincheuses.

    On se désolera également de la déception causée par Lars and the Real Girl, comédie noire scénarisée par l'une des auteures de la série Six Feet Under et laissant le jeune chouchou de la scène indépendante américaine, Ryan Gosling, s'y ébattre. Déception, donc, tant l'on attendait le Little Miss Sunshine de 2007 et tant l'on se retrouve devant un film gris, triste et pour tout dire sinistre.

    Mais peu importe, le choix est suffisamment vaste cette semaine pour ne pas s'arrêter à ces quelques essais : Redford, les frères Coen, Corneliu Porumboiu (dont nous reparlerons la semaine prochaine tant son 12h08 à l'Est de Bucarest, caméra d'or à Cannes et fervent fer de lance de cette nouvelle vague roumaine, nous a plu), Dansereau, Lafleur. Du lourd, du sérieux, du fort.

    Robert Redford, donc, de retour à la réalisation cette fois, avec Lions for Lambs, mêlant les histoires de deux étudiants partis combattre en Afghanistan, d'un professeur idéaliste et d'un homme politique en plein babillage journalistique. Sincèrement, à part la présence de Tom Cruise, on ne voit pas très bien pourquoi notre curiosité ne serait pas piquée.

    Les frères Coen, ensuite, avec No Country for Old Man que l'Ex-Centris a l'excellente idée de présenter dans une version sous-titrée. Des déserts, 2 millions de dollars, un tueur fou (extraordinaire Javier Bardem), un shérif existentialiste et une mise en scène à faire apprendre par cœur à tous les apprentis cinéastes : après trop d'années d'absence, les Coen sont enfin de retour, l'enthousiasme est à son comble et le cœur du cinéphile palpite à nouveau.

    Fernand Dansereau sera également de la partie, avec La Brunante présentée lors du dernier Festival des Films du Monde durant lequel il fut chaleureusement applaudi. À notre tour de découvrir cet étrange road-trip entre une vieille dame atteinte d'Alzheimer (Monique Mercure) et une jeune femme esseulée (Suzanne Clément).

En restait un, Stéphane Lafleur, dont le premier film Continental, un film sans fusil bat des recors de popularité tant chez les festivaliers (prix du meilleur premier film à Toronto, Bayard d'or à Namur) que chez les critiques. Il était donc tout naturel d'en faire notre film de la semaine.

Bon cinéma

Helen Faradji


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