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HAIRSPRAY - Critique d'Helen Faradji

2007-11-22

PLAISIR LAQUÉ

    Bien sûr, Adam Shankman n’est pas John Waters (qui se paye d'ailleurs, dans les premières minutes de ce Hairspray nouvelle mouture, un caméo à la hauteur de sa légende); il n’a ni son style, ni sa folie visuelle. Bien sûr, encore, le professionnalisme huilé et policé de 2007 a remplacé les essais beaucoup plus abrasifs de 1988. Bien sûr, et surtout, John Travolta, en maman dodue de l’héroïne minaudant à satiété, n’est pas Divine, le travesti démesuré, égérie de Waters.

    Mais, mais, mais, mais…Mais il serait bête de bouder notre plaisir. Il serait pète-sec de ne pas se laisser aller à vouloir danser et taper des mains devant cette comédie musicale spéciale sixties beaucoup trop sincère pour ne pas être enthousiasmante. Il serait idiot de ne pas fondre pour ce remake d’un remake (Hairspray fut aussi transposé à Broadway dont on garde dans cette version l’ambiance spectaculaire et délirante) approchant le degré zéro du cynisme.

    Tracy (Nikki Blonsky, une petite nouvelle) est boulotte. Mais elle danse et chante comme personne. Et malgré les réticences de la chef d’antenne (Pfeiffer, convaincante) dont la fille est promise à un avenir beauté-paillettes-minceur comme maman, la demoiselle se retrouvera bien vite vedette du Corny Collins Show, une boum géante télévisée. Oui, bien sûr, il y aura aussi un garçon mignon comme tout, une maman poule en forme de paquebot et un papa timide mais encourageant (génial Christopher Walken) mais il y aura surtout la découverte pour Tracy d’un autre monde, celui de la black music et des Negro Days à la télévision, menacés de disparition. Les grosses, les noirs, les pas pareils, même combat.

    Waters avait vu juste, et la trame d’Hairspray fonctionne encore aujourd’hui, malheureusement, comme un charme. Pourtant, à part un moment plus solennel brisant pour quelques minutes le bonheur pétillant du tout, pas une goutte d’apitoiement dans ce Hairspray. Pétulante, assumant son premier degré avec une vraie authenticité lui permettant d’enchaîner des blagues les plus futées aux plus désolantes et bien sûr de livrer en douce un petit message pas piqué des vers (tous différents, et c’est tant mieux), Hairspray a tout de la comédie musicale décomplexée dont on ressort le sourire aux lèvres. Le monde ne tourne pas rond ? Et si on chantait pour se consoler ? Non, ça ne changera rien. Quoi que…

Helen Faradji

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