Format maximum

Premiers plans - un billet d'Helen Faradji

COMBATS DES CHEFS

2008-01-10

COMBAT DES CHEFS

    Les estomacs étant désormais reposés, les yeux grands ouverts, nous voilà prêt à reprendre une activité normale en nous plongeant dans ce que la semaine cinéma peut bien avoir à nous offrir. Et cette semaine, c’est à un véritable combat des chefs entre deux énormes films que nous sommes conviés.

    Du coup, on passera rapidement sur le nouveau film d’animation de la saison, The Pirates who don’t do anything, la comédie criminelle First Sunday, l’opus d’héroïc fantasy In the name of the King ou la comédie dramatique The Bucket List où Jack Nicholson et Morgan Freeman joueront à exécuter leurs dernières volontés. Inutile de perdre son temps, les mêmes se retrouveront grosso modo à l’affiche la semaine prochaine sous un autre nom.

    Par contre, on pourra bien s’arrêter quelques instants sur My kid could paint that, un documentaire de Bar-Lev (Fighter) présenté à Sundance et dont les critiques louent en cœur la sincérité et le pouvoir de fascination. Portrait d’une petite « Picasso en herbe » de 4 ans qui déraille au moment où l’on a réalisé que son père était en réalité l’auteur des toiles, la supercherie ayant été révélée au milieu de la production du film. À découvrir.

    Si l’on en trouve le temps, tant cette semaine semble trustée par la sortie de deux films majeurs, aussi différents l’un de l’autre qu’ils sont, chacun à leur façon, attendus.

    La question humaine, d’abord, de Nicolas Klotz, scénarisé par Elisabeth Perceval (tous deux interviewés par Marie-Claude Loiselle dans le dernier numéro de la revue 24 Images, en kiosque). Tiré du roman de François Emmanuel, le film plonge dans la logique d’entreprise contemporaine, à travers un psychologue (fantastique Mathieu Amalric) chargé d’enquêter sur un cadre (Michael Lonsdale, tout aussi charismatique). De cette idée de départ simple, Klotz et Perceval construisent alors une réflexion intense et dure sur les rapprochements à faire entre les « techniques » nazies et celles employées par les entreprises. Le parallèle est audacieux, mais montre surtout comment la Shoah marque une rupture dans notre histoire occidentale, comment son modèle a infusé les développements de nos sociétés. On n’accepte pas le constat de gaieté de cœur, mais la démonstration est absolument imparable.

     De l’autre côté du ring, on trouve cette fois There Will be blood, nouvel et cinquième opus de Paul Thomas Anderson, drame épique de début de siècle, inspiré par un roman de 1920, habité entre autres par Daniel Day Lewis. Inutile de faire les innocents, nous avons tous entendu les louanges de tout poil et autres commentaires dithyrambiques. Un seul grand débat semble d’ailleurs animer les cinéphiles ces temps-ci : est-il meilleur que No country for old men des frères Coen ? Choisissez votre camp ! Nous attendrons d’avoir découvert cette supposée merveille, ce soi-disant Citizen Kane du 21ème siècle (les critiques y vont fort parfois) pour nous prononcer.

    Et en attendant, nous pourrons bien nous reposer de tout ce Grand cinéma avec Persépolis qui n’a d’autre ambition que de nous raconter avec tendresse et intégrité la vie d’une petite fille devenue jeune femme entre 1978 et 1994 en Iran et en Autriche. Notre irrésistible film de la semaine.

Bon cinéma

Helen Faradji

Publier sur twitter Partager

Vos réactions (0)

Soumettre une réaction

  *Votre courriel ne sera pas publié et est demandé seulement à titre de référence.