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Premiers plans - un billet d'Helen Faradji

LES FONDS DE TIROIR

2008-01-24

LES FONDS DE TIROIR

    Les distributeurs pensaient-ils que nous serions trop excités cette semaine par l’annonce des nominations aux oscars ou trop abattus par l'annonce du décès prématuré d'Heath Ledger? Avaient-ils eux-même l’esprit trop occupés par leur déplacement à Sundance? Ou bien étaient-ils simplement décidés à faire leur premier ménage de l’année en fouillant leurs fonds de tiroir? Allez savoir. Toujours est-il que notre semaine cinéma est fort peu réconfortante.

    Comme chaque semaine, on retrouve bien sûr du gros, du lourd, du gras, de l'indigeste comme Untraceable de Gregory Hoblit où Diane Lane traque un tueur postant ses meurtres sur internet. Quelle modernité. Ou encore comme They Wait, une histoire « terrifiante » nous dit-on de fantômes chinois aux Etats-Unis orchestrée par Ernie Barbarash le barbant. Ou enfin comme Meet the Spartans, satire de vous devinez quoi signée Jason Friedberg et Aaron Seltzer, les malfaisants déjà responsables des innommables Epic Movie et Date Movie. La vie est trop courte.

    Pourrions-nous alors nous tourner du côté du plusse beau pays au monde pour trouver une source de joie ? Probablement pas non plus. Car le Canada et la belle Province ont beau être fièrement représentés cette semaine, ils n’offrent pas non plus leur meilleur cru.

    Déceptions, ainsi, du côté d’Imitation (deuxième long de Federico Hidalgo après A Silent Love, qui retrace la longue quête d’une belle latina à travers Montréal) et surtout de celui de La belle empoisonneuse, première réalisation de Richard Jutras (Hit and Run) qui trifouille du côté de la tragédie grecque en mettant en scène l’amour impossible entre Maxime Denommée, intense comme un chaton en colère, et Isabelle Blais. Déception, tant le film ne paraît jamais réussir à trouver sa voie (est-ce loufoque, est-ce dramatique, est-ce mignon ?), ses effets de style multiples servant de cache-misère à un récit aussi distendu qu’artificiel.

    Peut-être aurions-nous du lui préférer Junior, présenté en ouverture des dernier RIDM et son regard sur une équipe de hockey junior à Baie-Comeau, lancé par Isabelle Lavigne et Stéphane Thibault. Les échos sont mitigés mais suffisants pour susciter notre intérêt. À rattraper donc.

    Pas comme How she move, du canadien Ian Rashid dont la dernière livraison, A touch of Pink, avait déjà suffisamment agacé par sa gnangnantise cucul. Ici, une jeune danseuse jamaïcaine sortie de la mouise doit y retourner après la mort de sa sœur par overdose. À vous de voir
 
    En restait deux, mais à vous connaître, vous comprendrez sûrement pourquoi nous avons préféré à la brutalité virile et vieillissante de Rambo nouvelle mouture la finesse ciselée des Chansons d’amour, seule bonne surprise de la semaine.
 
Bon cinéma

Helen Faradji

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