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Premiers plans - un billet d'Helen Faradji

PETIT À PETIT, L’OISEAU FAIT SON NID

2008-02-07

PETIT À PETIT, L’OISEAU FAIT SON NID

    Après des semaines d’intense décrépitude, nos écrans se repeuplent doucement. Comme pour ne pas nous brusquer sur le chemin de la cinéphilie. Comme un ours qui se réveille de son hibernation en se débarassant tout doucement des dernières traces de son sommeil.

    Évidemment, le paradis étant pavé de mauvaises intentions, il faudra bien laisser une petite place à Fool’s Gold, réalisé par Andy Tennant, où deux purs produits de la blondeur en santé californienne, Kate Hudson et Matthew McConaughey, jouent aux chasseurs de trésors. Indiana Jones peut dormir tranquille, ces deux-là ne le feront pas tomber de son piédestal.

    Quant à Welcome Home Roscoe Jenkins où un guru de la télé (Martin Lawrence) se voit remis à sa place par sa famille de péquenauds lors d’une visite familiale, on peut, en se concentrant bien, sentir à la seule lecture du résumé, cette douce odeur de navet reconnaissable entre mille.

    On pourra éventuellement se remonter les commissures des lèvres en riant devant Vince Vaughn’s Wild West Comedy Show. Aucun intérêt cinématographique comme tel, mais le membre du Frat Pack du rire américain (avec, entre autres Ben Stiller et Owen Wilson) a plutôt tendance à nous arracher quelques sourires. Son road-movie où il traverse le pays avec 4 humoristes pourrait bien nous servir de marshmallow. Informe, mais réconfortant.

    Du côté du thriller, il faudra se poser la question : Blanche de Bruges ou Ale de Londres? Et si entre les deux, le gosier balance, il faudra jeter un œil à la fois à In Bruges de Martin McDonagh plongeant Colin Farrell, Brendan Gleeson et Ralph Fiennes en pleine mission criminelle belge (non, ce n’est pas une histoire drôle) et à London To Brighton, de Paul Andrew Williams où deux jeunes filles s’embarquent dans une histoire aussi sordide que crapuleuse. Du sang, de la sueur et des larmes en perspective.

    La Suisse ne nous offrira pas plus d’occasion de danser la carmagnole. Le cinéaste Rolando Colla en ramène en effet L’autre moitié, récit d’une cavale d’un homme soupçonné d’activités terroristes parti rejoindre son frère. Kader Boukhanef et Abel Jafri, les deux acteurs, ont reçu le prix d’interprétation du dernier festival d’Amiens, ce qui est généralement un bon signe. À noter: L’autre moitié sera présenté avec Einspruch V « Protestation 5 » du même cinéaste.

    Un petit documentaire pour se ravigoter ? Pas sûr, puisque Le doigt dans l’œil, de Julien Frechette rejoue la partition de David contre Goliath (celle dont Richard Desjardins tire de beaux documentaires chocs) en s’intéressant, quant à lui, au combat entre nation innue et détenteurs d’un permis d’exploitation forestière sur le territoire de l’île René-Levasseur, un vestige d’un impact de météorite représentant une portion encore vierge de la forêt boréale. Voilà qui risque d'être gai.
 
    Mais puisque le Québec semble se découvrir une pudibonderie qu’on ne lui devinait pas, c’est en toute logique que Borderline, adapté par Lyne Charlebois des deux premiers romans de Marie-Sissi Labrèche, sera notre film de la semaine.

Bon cinéma

Helen Faradji






 

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Vos réactions (1)

  1. Pudibonderie?!Il me semble que le cinéma québécois depuis 20 ans, voire plus, est d'une pudibonderie inimaginable. Beaucoup d'amis étrangers, français surtout, cinéphiles naturellement, m'en ont souvent fait la remarque. Et puis il y a des personnages qui y sont presque complètement absents - sauf si on peut rire d'eux - comme les gays. Et pas beaucoup de couleurs non plus, noirs, jaunes, bruns; très blanc mouton, nos personnages! A toi. André.

    par André Roy, le 2008-02-07 à 11h56.

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