Format maximum

Premiers plans - un billet d'Helen Faradji

JOLIE MOISSON

2008-02-14

JOLIE MOISSON

    Les cœurs battent, les amoureux se regardent dans le blanc des yeux en se faisant des promesses qui ne dureront que le temps d'une bulle de champagne, le chocolat se déverse par tonnes. Comme contaminée, la planète cinéma fait elle aussi battre nos petits cœurs, il était temps.

    D'abord avec l'ouverture aujourd'hui même des Rendez-Vous du Cinéma Québécois qui d2bute sa 26ème édition avec le film très réussi d'Yves-Christian Fournier, scénarisé par Guillaume Vigneault, Tout est parfait. Rien de très gai, d'accord, mais un regard, une personnalité, une audace qui font du bien dans notre cinéma. Retrouvez la critique de Philippe Gajan dans le numéro 136 de la revue 24 Images dès demain en kiosques.

    Comme d'habitude, les Rendez-Vous brilleront également par leurs 5à7 et leurs leçons de cinéma, véritables nids à rencontres aussi intéressants que dynamiques. Au menu, on se penchera notamment sur les 5à7 "Produire un long-métrage sans subvention" (le 15), "Ces réalisateurs qui changent la télévision" (le 20) ou "Métier producteur : la nouvelle génération" (le 21), ainsi que sur les leçons de direction photo de Renato Berta (le 20) et de direction d'acteurs de Jacques Doillon (le 23). De biens beaux morceaux en perspective. Tous les détails au www.rvcq.com

    Avec tout ça, aurons-nous encore le temps d'un tour par nos chères salles obscures? Il le faudra bien, car passé sans regrets Jumper, sombre histoire de héros bondissants aux faux accents de Matrix du pauvre signée Doug Liman, The Spiderwick Chronicles surfant encore et toujours sur la vaguelettre du heroic fantasy pour bambins, Definitely Maybe dont la seule bande-annonce suffirait à faire passer n'importe quelle envie d'avoir un enfant et Step Up to the Streets, film on l'aura compris de steppettes dans la rue, il sera injuste de ne pas se garder un peu de temps pour la livraison, fort sympathique, de la semaine.

    On pourrait bien éventuellement sacrifier Normal de Carl Bessai, s'il le faut, dans lequel 3 inconnus (Carrie-Anne Moos, Kevin Zegers et Callum Keith Rennie) tentent de retrouver un sens à leur vie après un accident de voitures. Tiens, 21 Grams n'était-il pas déjà passé par là?

    Vous ferez bien à votre guise, mais nous ne saurions assez vous encourager à aller découvrir ce Tout est parfait sus-mentionné qui prend également l'affiche cette semaine. Malgré des choix musicaux plus que discutables et un plan final aussi indigeste qu'une huître frite, le film a cette grâce des récits honnêtes et sensibles mariée à cette force des visions personnelles et maîtrisées. Sa lucidité et le courage de son constat, dur mais vrai, sur le suicide méritent le déplacement.

    Tout comme le mérite d'ailleurs Jouer Ponette de Jeanne Crépeau qui dissèque avec sensibilité et intelligence (malgré un abus de didactisme) la relation de Jacques Doillon à sa jeune actrice de 4 ans Victoire Thivisol dans le "sortez les kleenex" Ponette. Là encore, un détour par la revue 24 Images vous fera savoir en détail pourquoi Jouer Ponette devrait avoir droit à une petite place dans votre palmarès hebdomadaire.

    Enfin, en restait un, étrange et surprenant, déstabilisant et joyeusement foutraque, triste autant qu'il est gai: Nous les vivants, de Roy Andersson, un film de la semaine tout désigné

Bon cinéma

Helen Faradji



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