Format maximum

Premiers plans - un billet d'Helen Faradji

UNE COURSE GAGNÉE D’AVANCE

2008-03-20

UNE COURSE GAGNÉE D'AVANCE

    Timidement, le soleil a repointé ses rayons. Cela n'a pas empêché Anthony Minghella (The Talented Mr Ripley, The English Patient, Cold Mountain) de mourir cette semaine, au trop jeune âge de 54 ans. La vie est vraiment mal faite.
Difficile donc de voir la vie en rose. La triste livraison de la semaine ne nous y aidera pas.

    Car entre les classiques "redonnons à une vedette en panne sèche un coup de fouet en l'entraînant dans des aventures enfantines, comme c'est coquin" (Drillbit Taylor, avec Owen Wilson et co-scénarisé par l'affreux jojo Seth Rogen, pilier de la bande Apatow), "faisons nous peur-peur-peur au point de jeter tous nos appareils photos mais rassurons-nous avec de beaux héros bien propres sur eux" (Shutter de Masayuki Ochiai, remake du film thaïlandais du même nom) ou "jouons au poker presque pour de vrai mais pas entièrement quand même" (The Grand où de vrais acteurs improvisent pour de faux pendant un vrai tournoi de poker, sur une réalisation de Zak Penn, autrement connu comme scénariste des impayables X-Men 3, Elektra ou Fantastic Four, quel talent), le choix est tellement vaste qu'il en donne le vertige.

    Peut-être aurait-il fallu donner sa chance à Married Life d'Ira Sachs, coscénarisé par Oren Moverman (auteur, entre autres, du script d'I'm not There) et dans lequel Pierce Brosnan se pose l'étrange question : divorce ou assassinat? Peut-être. Mais l'envie de vrais bons films commence à se faire trop pressante.
 
     C'est finalement entre les documentaires que la course s'avère plus palpitante. D'un côté, encore l'Afghanistan, les prisons de Bagram, Abu Ghraib et Guantanamo Bay, la torture et un oscar, de l'autre les Amériques, un voyage identitaire et tellement de prix et de participation en festivals qu'on ne les compte plus. Par choix, ce dernier gagnera. Bien que fraîchement oscarisé, Taxi to the dark side d'Alex Gibney nous faisait en effet peur : encore un doc militant sur les ravages de l'Administration Bush, encore un constat affreux sur l'état de notre monde et les pratiques (inhumaines) de guerre, encore une sonnette d'alarme qu'on fait au mieux semblant d'entendre. À la fin, il est normal d'être découragé.
 
    C'est donc tout naturellement que le sublime Americano de Carlos Ferrand devient notre film de la semaine.
 
Bon cinéma

Helen Faradji
 

Publier sur twitter Partager

Vos réactions (0)

Soumettre une réaction

  *Votre courriel ne sera pas publié et est demandé seulement à titre de référence.