Format maximum

Premiers plans - un billet d'Helen Faradji

CA NE S'ARRANGE PAS

2008-03-26

CA NE S’ARRANGE PAS

    Pendant que le monde de la distribution québécoise est en plein émoi (rachats, licenciements, pertes de partenariat, sorties inexplicables de films de Woody Allen direct-to-dvd, le tout sans vraie lumière au bout du tunnel), la situation semble se répercuter directement sur nos écrans avec l’arrivée d’une flopée de films qui, en toute sincérité, n'ont pas grand chose à y faire.

    Car franchement, du temps d’écran donné à Superhero de Craig Mazin, parodie de films de super-héros ou à 21 de Robert Luketic (Legally Blonde), ressucée d’Ocean 1-2-3-4-5-17-22 où de jeunes et brillants étudiants du MIT vont truander quelques casinos de Las Vegas, tandis que d’autres, foutrement plus intéressants, croupissent sur les tablettes poussiéreuses des distributeurs, n’est-ce pas un petit peu se moquer du monde?

    À se demander si bientôt les chiffres de box-office, une valeur de jugement déjà horripilante en soi, ne seront pas remplacés par les chiffres de vente de pop-corn et autres aliments chimiquement modifiés?
Combien de faux beurre et de saveur d’ail vendra d'ailleurs Run, fat boy, run de David Schwimmer (Ross de la série Friends)? On peut parier sur le quintal tant la comédie romantique comptant uniquement sur le charisme de son acteur, Simon Pegg (Shaun of the Dead) est un film parfaitement formaté, aussi digeste qu'oubliable.

    Peut-être un peu plus à attendre, mais si peu, de Snow Angels, présenté à Sundance et signé David Gordon Green. Adapté d’un roman de Steward O’Nan, le film fait dans le drame familial à problème sous la neige. Voilà qui risque de faire beaucoup pour un seul film.

    On aurait, par contre, bien voulu jeter un œil à ce Stop Loss de Kimberly Peirce (Boys don’t cry) où Ryan Philippe, revenu d’Irak, refuse de retourner se battre. Le « monsieur le président, je vous fait une lettre » à la sauce post-féministe aigre-douce de Peirce intriguait, mais il nous a été impossible d’y jeter un coup d’œil avant parution.

    Le match de la semaine s’est donc réduit à deux titres. Caramel, d’abord, joli petit succès surprise réalisé par Nadine Labaki qui y tient également la vedette, et qui nous arrive après ses présentations à Cannes (Quinzaine des réalisateurs), Toronto, au festival du Nouveau Cinéma, ou à San Sebastien. Un portrait de l’identité féminine en plein cœur d’un institut de beauté à Beyrouth dont Gérard Grugeau nous avait déjà parlé avec bienveillance ici.

    Restait donc une découverte à faire, brésilienne cette fois, avec le nouveau film de Cao Hamburger : L’année où mes parents sont partis en vacances, film de clôture du dernier Festivalissimo, également présenté lors de la Berlinale 2007 et du festival de Rio de Janeiro. Juliette Ruer fait le portrait de cette plongée dans le Brésil des années 70 à travers les yeux d’un petit garçon de 12 ans.  
 
 Bon cinéma!

Helen Faradji

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