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BEN X - Critique de Juliette Ruer

2008-04-10

BEN X DE NIC BALTHAZAR

    Dans le dossier de presse de Ben X, la lettre de présentation du réalisateur Nic balthazar est longue, sincère, un rien lyrique, mais elle explique la genèse de ce film.

    On y apprend que Nic Balthazar est une célébrité en Belgique. Critique de cinéma et animateur flamand, il a écrit il y a 10 ans un livre pour les adolescents qui ne lisent pas. Et ce livre raconte un fait qui l’a marqué, l’histoire de Tim, un garçon légèrement autiste de 17 ans, constamment harcelé, qui finit par se donner la mort. Nic Balthazar va adapter son livre pour le théâtre, et ça deviendra Niets (Rien), une pièce à succès. 250 salles combles. Le cinéma était la suite logique des choses : Il a donc réalisé Ben X, son premier film, qui brode sur l’histoire du jeune Tim. L’aventure ne s’arrête pas là : avec Ben X, Balthazar a gagné le grand prix des Amériques, le prix du public et le prix oecuménique du dernier Festival des films du monde. Et on l’a approché pour un remake aux États-unis.

    Une corde sensible a été touchée pour rouler ainsi, avec autant de succès. Plus qu’une façon de faire. Car Ben X est un film pédagogique qui va étaler les plus sincères intentions du monde avec l’effarement du naïf, comme si le film cochait tous les travers pour ne pas en oublier un.  Suicide des jeunes ? Harcèlement ? Drogue ? Isolement ? Incompréhension ? Divorce ? Acceptation des différences ? Agressivité ? Désarroi du corps enseignant ? Tout y est, autant dire qu’on nous présente un manuel de moralité à l’usage de ceux qui n’auraient pas encore compris le monde. "Toi, le jeune, écoute-moi…"
 
    Ben X mélange narration, reportage télé et jeu vidéo. Ces insertions virtuelles sont bien faites, mais tout est bien fait de nos jours. Et le suspense qui tourne autour d’un plan de Ben va finir par plomber le récit. On regrette qu’un héros si fragile n’ait pas mérité plus de finesse…

    Or, malgré un film lourdaud, reste que la corde sensible a été touchée ! Pensée positive : c’est dire que le suicide et le harcèlement ne passent pas forcément inaperçu. C’est plutôt bien.

Juliette Ruer

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Vos réactions (1)

  1. Critique très élogieuse de Marie-Christine Trottier au 95.1 aujourd'hui en revenant de bosser. Même si elle est bien sympa, (qui n'est pas sympa à la radio culturelle?) faut dire qu'elle est trop "bon public" en général et a justement dit le contraire, à savoir que ce n'était pas un film pédago, qu'on serait bouleversé etc...Bref, la dame a "flippé". "Toi l'auditeur radio, écoutes-moi" :)

    par Yvan L., le 2008-04-10 à 17h44.

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