Format maximum

Premiers plans - un billet d'Helen Faradji

SOUS LE SOLEIL

2008-05-15

SOUS LE SOLEIL


    Le festival de Cannes vient d’ouvrir ses jolies portes. Surveillez la section Réflexions de 24 IMAG durant la prochaine quinzaine pour retrouver les billets de notre envoyé spécial dans la grande farandole du cinéma, Philippe Gajan.

    Quant à nous, abandonnés sur place par la planète cinéma, nous voilà libres comme l’air, tout prêt à laisser nos désirs et envies prendre le dessus. Petit survol en règle de ce qui devrait nous donner envie de nous précipiter dans les salles climatisées cet été.

    Le grand bal s’ouvrira la semaine prochaine avec le nouveau Indiana Jones (and the Kingdom of the Crystal Skull). Inutile de le nier, les simples notes de son thème entendues pendant les bandes-annonces ont réveillé notre aventurier intérieur. Aucun doute, on y sera. Les critiques pourront bien danser la danse de saint guy en nous hurlant que non, vraiment, rien n’y fait, c’est mauvais, ce genre de films a déjà son succès assuré. Tout comme l’autre gros canon de l’été, version rose bonbon cette fois : Sex and the City. Juste pour savoir quelle paire de Manolo les filles porteront.

    Ou comme le nouveau X-Files : puisque la série Californication nous a réconcilié avec David Duchovny, on pourra bien lui laisser le bénéfice du doute. Plus certains encore seront Hellboy 2, toujours signé Guillermo del Toro, toujours interprété par le trop rare Ron Perlman et The Dark Knight, nouvel épisode en noir corbeau des aventures de Batman (Christian Bale) revampées par Christopher Nolan qui verra renaître un Joker particulièrement terrifiant (Heath Ledger)

    Hancock, pour sa part, un énorme film signé Peter Berg, avec Will Smith mérite, sur le papier, l’oscar du sujet estival le plus original. Voyez plutôt, un super-héros à l’image en berne en appelle à des services de relations publiques pour redorer son blason! Edward Norton pourrait lui aussi surprendre en se fâchant tout vert dans Hulk, même s’il faudra  beaucoup plus de talent à Louis Leterrier qu’il n’en a démontré pour faire oublier la version mélancolique et surprenante d’Ang Lee.

    Ces films-là sont comme la première gorgée de bière prise une après-midi de farniente sur une terrasse ensoleillée. Un petit plaisir coupable dont on aurait tort de se priver. Des petits riens juste pour s’amuser. À quoi servirait de les dénigrer? L’été, c’est bel et bien fait pour jouer.

    Mais comme avec tout, on est aussi en droit de s’en lasser une fois ces gros pop corn avalés. Que restera-t-il aux valeureux non décidés à se laisser ensevelir sous l’amas de blockbusters?

    Autant le dire, de bien belles choses. Car depuis quelques années, les distributeurs semblent avoir compris que l’été, le cinéphile ne se cachait pas du soleil dans une grotte, peaufinant son teint blafard pour être parfaitement raccord une fois le temps des festivals automnaux venus. Non, le cinéphile aussi a des envies de cinéma sous le soleil.

    Pour réveiller celles-ci, on se demande si Angel, signé François Ozon, pourra faire l’affaire. Certes, Charlotte Rampling sera de la partie, mais Ozon a toujours eu ce don particulier de transformer l’or en barre de fer. Même principe pour 99F, adapté par Jan Kounen, pas le plus subtil du lot, du roman de Frédéric Beigbeder, lui non plus pas le plus nuancé. Quelques critiques outre-Atlantique se sont néanmoins laissé séduire. On verra également ce que réservent Francis Leclerc avec Un été sans point ni coup sûr, adapté du roman de Marc Robitaille, Kim Nguyen avec Truffe (même si notre collègue Marcel Jean nous prévenait du caractère laborieux de l’entreprise dans le numéro 136 de la revue 24 Images)

    On se jettera néanmoins avec plus d’avidité sur ces concurrents plus sérieux à notre palme estivale : Infiniment Québec, documentaire de Jean-Claude Labrecque qui nous réconciliera peut-être avec la boursouflure que sont devenues les célébrations du 400e de Québec ; Standard Operating Procedure, nouveau documentaire d’Errol Morris qui fait plus que nous mettre l’eau à la bouche tant son précédent Fog of War nous trotte encore dans la tête; Religulous, un état de la religion à travers le monde signé Larry Charles (réalisateur de l’ineffable Borat ou de la série Curb Your Enthousiasm) ou Ce qu’il faut pour vivre de Benoît Pilon sur un scénario de Bernard Émond.

    En reste un, le plus beau, le plus précieux dont on ne saurait assez louer les qualités. Un bijou, une perle rare qu’on vous conjoint d’aller découvrir au cinéma. Une merveille de film qui vous tiendra chaud au cœur, c’est garanti.

    Un sublime film, appelé La graine et le mulet, d’Abdellatif Kechiche, à sortir le 1er août prochain, et qui vous prouvera définitivement que le cinéma ne s’arrête pas en été.

Bon cinéma

Helen Faradji

Ps : Nous nous en voudrions d'insister lourdement, mais La graine et le mulet est LE film à voir cet été.

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