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Premiers plans - un billet d'Helen Faradji

CONSIDÉRATIONS CANNOISES

2008-05-29

CONSIDÉRATIONS CANNOISES

Avant de débuter, un flash: notre collaborateur, Marco de Blois, assistera au Festival international du film d'animation de Zagreb à titre de conservateur du cinéma d'animation à la Cinémathèque québécoise et couvrira l'événement dans nos colonnes (section Réflexions) à compter de ce samedi 31 mai. À suivre!

    La palme d'or à un Français? Et même pas à celui pour qui elle était prévue? C'en est presque inimaginable. Contre toute attente, le jury du 61e Festival de Cannes présidé par Sean Penn aura donc couronné Entre les murs de Laurent Cantet, adapté du roman de François Begaudeau, ce qui nous autorise désormais cette démonstration toute mathématique : sachant que la palme fut française en 1966 (Un homme et une femme), en 1987 (Sous le soleil de Satan) et en 2008, soit tous les 21 ans, il est donc logique de s'attendre à une prochaine palme hexagonale en 2029.

    Passé la surprise d'un palmarès pour le moins étonnant (où était donc cette fameuse Valse avec Bashir dont tous nous rabattaient les oreilles, qu'est-ce que c'était que ce prix de consolation assez désolant à Clint Eastwood et Catherine Deneuve?), reste un bilan à tirer. Un bilan que ceux qui ont vécu le Festival tireront bien mieux que nous, vous nous excuserez. Mais un bilan que nous pouvons tout de même dresser d'une autre façon, en vous annonçant, sans autre cérémonial, la liste de films, hors compétition officielle, qui nous ont sérieusement titillé la cinéphilie. La liste des films que nous ferions tout pour voir désormais. Que les sélectionneurs de festival et autres distributeurs nous entendent. Nous attendons.
   
    Rayon documentaires-portraits de stars, d'abord, il faudra absolument pouvoir jeter un œil à Tyson de James Toback, Maradona by Kusturica, Roman Polanski : Wanted and Desired de Marina Zenovich ou JCVDde Mabrouk El Mechri sur l'indéfinissable Van Damme. 4 regards qui se sont annoncés passionnants sur 4 icônes, chacun à leur façon, de notre temps. C'est dur d'être aimé par des cons de Daniel Leconte, retour sur l'affaire des caricatures au Danemark, a lui aussi sa place dans notre palmarès personnel.

    Entre le doc et la fiction, on voudrait bien pouvoir se balader aux deux extrêmes que sont Of Time and the City, hommage de Terrence Davies à la ville de Liverpool et Johnny Mad Dogde Jean-Stéphane Sauveur qui, lui, rejoue le drame des enfants-soldats du Libéria en donnant ses rôles à de vrais enfants-soldats. Du réel troublant en perspective.

   
Côté fiction, il faudra bien évidemment nous donner à voir ce Hunger du réalisateur au nom prédestiné Steve McQueen, caméra d'or qui suit la grève de la faim d'un prisonnier irlandais.

    La cueillette a été bonne à Un certain Regard où les esprits se sont enflammés pour Afterschool de l'américain Antonio Campos qui mériterait, selon les dires, le détour, en plantant sa caméra du côté d'un gros malaise sur un campus américain, certains ayant même évoqué le nom de Francesco Rosi devant l'objet et pour Los Bastardos d'Amat Escalante forcément à découvrir, vu tout le bien qu'on pensait déjà du précédent film de son réalisateur, Sangre.

 
   De la Semaine de la critique, on retiendra également l'Angleterre au quotidien vue par le prisme de Better Things de Duane Hopkins  qui semble elle aussi saisissante et Les 7 jours  de Ronit et Schlomi Elkabetz (Prendre femme) où le frère et la sœur observent le rituel du deuil en Israël.

   
Enfin, de la Quinzaine des réalisateurs, on se payerait bien un détour par Boogie, de Radu Muntean, histoire de vérifier si la nouvelle vague roumaine est toujours aussi en forme, par Le dernier Maquis de Rabah Ameur-Zaimeche dont les Wesh, Wesh et Bled Number One nous avaient tant plus, par Eldorado du belge Bouli Lanners qu'on annonce comme une folle odyssée déjantée, par Élève libre de Joachim Lafosse dont le Nue propriété nous laisse encore un souvenir prenant et par Tony Manero, une histoire de sosie de Travolta dan le Chili de Pinochet signée Pablo Larrain dont on a dit le plus grand bien.

À découvrir, on l'espère, bientôt dans des cinémas près de chez nous.

Bon cinéma

Helen Faradji

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