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HIGH NOON - Critique de Philippe Gajan

2008-06-12

LE CLASSIQUE DES CLASSIQUES

    High noon ou Le train sifflera trois fois c'est : «Si toi aussi tu m'abandonnes...», ou encore "Do Not Forsake Me Oh My Darling" de Tex Ritter, l'une des plus célèbres ritournelles de toute l'épopée du western.

    Car il s'agit bien de cela : High Noon est régulièrement cité comme l'un des plus grands westerns de tous les temps. La classe absolue du couple Gary Cooper / Grace Kelly ? Gary Cooper décrochera l'oscar... Et c'est John Wayne qui l'acceptera à sa place, un comble quand on sait que le bonhomme considérait le film comme opposé aux valeurs américaines ! La musique de Dimitri Tiomkin ? La mise en scène de Fred Zinneman ? En son temps, c'est à dire en 1953, le film obtint une nomination pour l'oscar du meilleur film, tout un exploit pour un western !

    Tout cela, bien sûr, et un peu plus. Ce plus, c'est que High Noon a tout du western par excellence, LA référence, LE classique parmi les classiques de l'âge d'or. Par ses thèmes, sa mise en espace, ses motifs récurrents, son côté épuré, l'extrême simplicité de son intrigue, la précision de la mise en scène...

    La mise en espace : les deux grands «décors» mythologiques du western sont respectivement Monument valley, le territoire privilégié de John Ford ou la petite ville de l'ouest, celle de Rio Bravo, de OK Corral ou, bien sûr, de High Noon. Sa rue principale, le bureau du Sherif, le saloon, la grange, l'église...

    Et qu'est-ce qu'il se passe ? Kane (Gary Cooper) raccroche son étoile pour convoler en juste noce avec la vertueuse Amy (Grace Kelly). Au même moment, la nouvelle de la libération de Miller leur parvient. Il arrivera par le train de midi, attendu par les membres de son gang. Le couple doit fuir pour échapper à la vengeance du Mal absolu... Mais Kane choisira d'affronter son destin. S'en suit une mise en parallèle haletante (le film va «ralentir» le temps au fur et à mesure que l'affrontement final se rapproche) entre l'avancée inexorable du train et les tentatives menées par Kane de rallier à sa cause les membres de la communauté. Face à la lâcheté de ses concitoyens, Kane, l'homme de la loi, l'homme de la communauté, n'aura d'autre choix que d'affronter seul le gang. Mythologique, vous dîtes ? Le Héros américain par excellence, c'est lui !

    Rien ne manque, vous dis-je ! Certainement pas le duel final, motif classique entre tous. Que dire de plus, sinon justement ces motifs : l'établissement de la loi, le danger qui ceinture l'espace de la loi (ici symbolisé par l'approche du train), le «temps psychologique» qui fait que chaque seconde du film se «densifie» à mesure que se rapproche l'inéluctable.... Un classique quoi.

Philippe Gajan

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