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LEATHERHEADS - critique d'Helen Faradji

2008-09-25

LEATHERHEADS DE GEORGE CLOONEY

    C’est un peu comme une machine à remonter le temps. Mais un temps qui ne serait presque que cinématographique. Après les années 70 et leur mystère sexy (Confessions of a Dangerous Mind), les années 50 et leurs salles de rédaction enfumées et éprises de liberté (Good Night and Good Luck), c’est encore une fois un temps aux immenses résonances cinéma que George – casquette de réalisateur – Clooney décide d’observer dans Leatherheads. Direction les années 20 et la naissance du football professionnel.

    Dodge Connelly est capitaine des Bulldogs, une équipe de bras cassés en proie aux pires difficultés. Pendant ce temps, du côté du football universitaire qui, lui, se porte comme un charme, Carter Rutherford, un ancien héros de guerre, brille de tous ses feux. Pour remonter la pente et contre monnaie sonnante et trébuchante, Connelly convainc Rutherford de venir jouer pour son équipe, alors que Miss Littleton, une jeune journaliste à l’esprit libre et provocateur, mène l’enquête sur ce dernier.

    Malgré son sujet authentiquement sport, malgré encore son scénario inspiré par la vie du joueur John « Blood » McNally et écrit par un chroniqueur sportif américain, Duncan Brantley, Leatherheads fait pourtant le choix intelligent de dépasser son canevas pour se transformer en hommage aux années 20, ou du moins à tout ce qu’elles peuvent évoquer à un cinéphile (et Clooney l’est, nul doute possible). Les bien belles ombres du cinéma de Preston Sturges, Howard Hawks, Billy Wilder ou Frank Capra (en particulier New-York-Miami) planent et le bonheur de voir ainsi rejouée la partition de délicieuses screwball comedies aux dialogues acidulés et au rythme enlevé est indiscutable.

    Mais l’hommage a son revers. Extrêmement nostalgique, Leatherheads semble en effet se cantonner à exalter les charmes d’un antan où la vérité, l’amour et le bien triomphaient toujours. La profondeur des précédents essais du cinéaste, leur richesse de mise en scène aussi n’y sont pas. Dommage. De ce joli petit divertissement, aux décors en carton-pâte et à l’entrain communicatif, on ne retiendra pas plus. Mais pas moins non plus.

Helen Faradji

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