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Films de la semaine

BLOGUE DU FNC 4: AUX MARATHONIENS - Par Jason Beliveau.

2008-10-12

AUX MARATHONIENS

    Un moment de répit avant de se laisser submerger par l’avalanche de films proposés aujourd’hui afin de revenir sur les deux dernières journées du festival. Après les heureuses découvertes de l’indien dans la ville (« je peux courir entre l’Ex-Centris et l’Impérial en dix minutes ») et l’angoissante première entrevue avec cinéastes (Henry Bernadet et Miriam Verreault pour la première de leur film À l’Ouest de Pluton, à lire dans la section Réflexions), le chroniqueur béjaune put enfin s’installer dans la grande salle de l’Impérial et goûter à La forêt de Mogari de Naomi Kawase. Récit fil dentaire soulevé par un jeu d’acteur modulé sur des décors d’une beauté déconcertante, le film, malgré une certaine déception première, hante depuis la mémoire en rappelant constamment le déchirant rapport entre les deux personnages principaux, tentant de recoller les morceaux après la mort d’un proche. Pour les curieux, le film sera au Cinéma du Parc mardi à 19h00.

    Pour y revenir une dernière fois, la rétrospective Bruce Conner vendredi surpassa toutes les attentes de l’appréciateur de cinéma expérimental qui écrit ces lignes. Pour le film d’introduction présenté pour la troisième fois et qui ne sera jamais annoncé nulle part  (question de droits oblige), pour les classiques A Movie et Report sur grand écran, plus que tout pour les films construits à partir de la musique de Brian Eno, David Byrne et Terry Riley (le Mongoloid sur la musique de DEVO était absent), finalement pour l’amabilité et l’ouverture de collaboratrice de Conner, Michelle Silva, qui répondit avec enthousiasme aux questions de la petite salle bondée pendant trente minutes (une autre projection a coupé court l’échange instructif). Conner considérant l’avènement du numérique comme une abomination, aucun projet de transfert en DVD n’est prévu jusqu’à présent. Hey Bruce, let me tell you what’s the abomination…

    Toute la journée d’hier gravitait autour de la représentation en fin de soirée d’À l’Ouest de Pluton, et avec raison. Déjà, la description dans la programmation nous avertissait assez explicitement: ne pas être là nous rendrait invariablement, et je cite, crissement « reject ». La salle pleine (en bonne partie par des gens de Québec), l’émotion palpable pendant la présentation du film par les cinéastes Henry Bernadet et Myriam Verrault, l’attente. Et comment c’était? Parfaitement dosé, drôle, soutenu : une réussite. En souhaitant à toute l’équipe une programmation en salles féconde et prolongée. On en dit pas plus, sinon que la scène du Gilles patate est déjà d’anthologie.

    Mais revenons à notre avalanche : tout d’abord pour ceux qui durent choisir entre À l’Ouest de Pluton et Derrière-Moi de Rafaël Ouellet hier soir, les deux films seront présentés une seconde fois aujourd’hui. De grandes attentes aussi pour le deuxième long métrage de Ouellet, qui vient tout juste d’être présenté aux festivals de Toronto et de San Sebastian.

    Marcel Jean en a parlé hier, pourquoi ne pas faire un retour sur l’acronyme qui est sur toutes les lèvres depuis l’ouverture de la section Temps Ø, JCVD? Constat aigre-doux de la fin d’une époque (celle dans laquelle j’ai grandi, où Bloodsport, Commando et Nico nourrissaient les rêves de testostérone de toute une génération de gamins prépubères), le film se veut un retour en force pour Van Damme, devenu objet de moqueries entre autres pour ses aphorismes pleins d’esprit et de sagesse (on vous épargne les autres raisons). Mais JCVD, c’est aussi l’acteur qui se joue et qui aborde les événements plus sombres de sa vie avec une franchise et une humilité émouvantes. Et si votre larme du festival était tirée par celui qu’on appelle les « muscles de Bruxelles »?

    Finalement, en parlant de testostérone mal placée, le traumatisant Deliverance de John Boorman sera présenté à la salle Cassavetes de l’Ex-Centris à 12h45. Pour voir sur grand écran l’une des scènes les plus mémorables du cinéma américain (la scène du banjo au tout début du film…bien évidemment).  

Jason Béliveau

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