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Films de la semaine

BLOGUE DU FNC 11 : C'EST LA FIN- Par Helen Faradji

2008-10-19

C'EST LA FIN

    C’est toujours un peu triste, un festival qui s’achève. On pense à tous les films que l’on a pas vus. Tous les événements que l’on a manqués. Tous les invités que l’on a pas rencontrés. Tout ce qui nous a filé entre les doigts et qu’on est pas sûr de pouvoir rattraper un jour.

    Parce qu’il faut le dire, malgré les quelques choix discutables (All Together Now comme film d’ouverture d’une section, vraiment?), malgré les quelques retards à l’horaire, on aurait pu tout manger de cette 37e édition du Festival du Nouveau Cinéma, de celles qui nous resteront en mémoire. Programmation ambitieuse (Depardon, Garrel et Grandrieux ne se côtoient pas si souvent que ça), équilibre réussi entre gros canons (Gomorra, Entre les murs…) et vraies découvertes (Man on Wire, Afterschool, Wonderful Town...), invités nombreux et disponibles, événements chaleureux : le festivalier est content. Avec un seul souhait pour l'année prochaine: encore plus de rencontres, d'échanges, de partage entre public et cinéastes. 10 minutes avant ou après le film ne suffisent pas tout à fait à se remplir l’imaginaire.

    Mais n’enterrons pas la bête trop vite. Aujourd’hui dimanche réserve encore quelques séances de rattrapage. De son film de clôture, notamment : Entre les murs (10h, Cassavetes), magnifique adaptation par Laurent Cantet du livre de François Bégaudeau. On s’y perd entre les murs justement d’une salle de classe, ni trop abîmée, ni trop choyée. Au cœur du film, l’éternelle question : comment éduquer? La réponse ne fait pas forcément plaisir, mais le film ne ment pas.

    Si on pourra par contre se passer de revoir Martyrs de Pascal Laugier, sorte de soufflé d’une horreur inimaginable annoncé, se révélant paradoxalement aussi plat que gonflé de sa propre prétention, on pourra bien par contre aller vérifier la rumeur : The Mourning Forest, de la japonaise Naomi Kawase, grand prix du jury cannois en 2007, est-il vraiment, comme on nous l'a soufflé à l'oreille, le meilleur film que l’on ait pu cette année? Réponse à 21h, au cinéma du Parc.

    Rayon québécois, de belles reprises aussi, avec la présentation d’Elle veut le chaos, western campagnard et existentiel de Denis Côté (13h20, Parallèle), de La mémoire des anges, collage joyeux et enlevant d’archives de chez nous signé Luc Bourdon (21h20, Parallèle), de Papa à la chasse aux lagopèdes de Robert Morin, un bijou d’humour féroce, de poésie inimitable et de lucidité totale (14h30, Impérial) et de Lost Song, et sa déprime au féminin, sensible et émouvante signée Rodrigue Jean (16h30, Impérial). Une belle cuvée, vraiment.

    Rayon surprises, il en reste 2 : Ya Ummi, L’interrogatoire d’Omar Khadr, un court-métrage signé d’un collectif de cinéastes d’ici sur le sujet que l’on devine et dont la projection – gratuite – aura lieu à 11h20, à l’Impérial. The Last Days of Paris, d’Olivier Asselin ensuite, dont Un capitalisme sentimental, film d’ouverture cette année sera également présenté (19h15, Cassavetes). Le coquin cinéaste gardait encore dans sa besace ce dernier film, récit poétique des aventures d’un écrivain en partance pour…Pompéi, que le festival nous offre donc en digestif! Un joli 2 pour 1 en perspective.

    Question palmarès, remis hier soir sous la présidence d’honneur d’Abdellatif Kechiche et Wim Wenders, excusez du peu, on applaudit des deux mains la louve remise au film kazakh dont tout le monde semble s'être entiché: Tulpan, de Sergey Dvortsevoy, le prix de l'innovation Daniel Langlois accordé à Valse avec Bashir d'Ari Folman (un choix pour le moins évident) ainsi que le grand prix de la section Focus accordé à La mémoire des anges.

    De notre côté, on en aurait encore rajouté en primant aussi (la fameuse louve du coeur!) Claire Simon, auteure d’un magnifique Bureaux de Dieu, sur le quotidien des centres de plannings familiaux ainsi qu’ à Raymond Depardon, auteur du plus beau des films de cette sélection 2008, La vie moderne (en couverture ce mois-ci des Cahiers du cinéma). À vite, on l’espère, retrouver sur nos écrans

Bon cinéma et à l’année prochaine

Helen Faradji

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