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ELDORADO - Critique de Géraldine Pompon

2008-11-13

WESTERN MOULES FRITES

    Yvan (Bouli Lanners lui-même), un ours mal léché, plein de poils et grassouillet à souhait, revend de vieilles bagnoles américaines. Un soir en rentrant chez lui, il trouve un cambrioleur mort de trouille planqué sous son lit et définitivement indélogeable. Yvan grogne, fait du bruit, négocie, rien n’y fait, le voleur veut rester ici. Et puis c’est la nuit et tout le monde finit par s’endormir. Aux petites heures du matin, quand le rat sort de son trou, au lieu de le chasser ou d’appeler la police, Yvan - après l’avoir malencontreusement abîmé dans les escaliers - se prend d’affection pour lui.

    Paumé, pot de colle, trouillard, toujours un peu malade de cette drogue qui quitte ses veines, Didier est légèrement demeuré et profondément "attachiant". De fil en aiguille, Yvan lui donne le fric nécessaire pour qu’il retourne chez ses parents et le reconduit à un carrefour. Mais quand Yvan repasse dans le coin, notre homme est toujours là. Un regard interminable, un de ceux qui lit les humains entre eux avec une grâce infinie, s’accroche alors dans le rétroviseur. Yvan craque et embarque l’emmerdeur à bord de sa Chevrolet bleue 79.

    C’est parti pour un road movie drôle et dépressif au plat pays qui est le leur, filmé en cinémascope plein de lumière et de couleur. Bouffées délirantes aiguës, situations incongrues et personnages disjonctés parcourent cette errance burlesque et poétique qui se déroule quelque part entre la Belgique et le Far West. Et sur cette route de naufragés, on trouve de tout, même Alain Delon en vacances, totalement décontracté et totalement nu !

    Bouli Lanners, capte de minuscules évènements regorgeant d’humanité, avec en toile de fond, le temps qui s’écroule sur les paysages bariolés de la Wallonie, la disparition des être aimés dans les hautes herbes du souvenir, l’humour dingue et la folie douce comme les ultimes politesses du désespoir. Le tout, au son d’une guitare rock, qui n’en finit pas de gratter les cordes sensibles de la fraternité. Eldorado, un petit coin de paradis pour tout ceux qui n’aiment pas les histoires belges!

Géraldine Pompon

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Vos réactions (1)

  1. Vrai et bon film ! on aimerait que le cinéma quebecois en prenne de la graine et sorte un peu des sentiers battus et rebattus. ici aussi on a tout ce qu'il faut pour faire un road movie mais on continue de confier du fric à mam' Larouche,à Radio Tralala (prochaine présidente : Véro ! j'vous dis dans 10 ans elle est à la tête de R.C !!! peut être même moins !!, la catastophe !!) ou à Télé-Quétaine alors que notre cinéma se meurt avec encore et encore des navets, surjoués par des mauvais acteurs de télé (mauvaise)je ne parle pas d'exeptions comme Congorama ou Continental deux films québecois qui ont du chien, mais bien des autres...

    par eric armandson, le 2008-11-13 à 11h00.

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