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TOP DE NOËL - par Marcel Jean

2008-12-11

DIX DVD POUR PATIENTER JUSQU’À NOËL

    Encore deux semaines à passer avant les célébrations et le grand déballage. Deux semaines pour plonger dans le répertoire des films de saison, cela en essayant d’éviter les productions trop opportunistes du type Jingle All the Way (avec le gouverneur Arnold) ou The Santa Clause (avec Tim Allen). Aux amateurs de documentaires, on recommande sans hésiter le court métrage The Days Before Christmas, une production de l’ONF signée Terence Macartney-Filgate, Stanley Jackson et Wolf Koenig. Mais comme cela ne se trouve pas si facilement en vidéoclub, voici une liste de dix propositions plus facilement accessibles :

10. The Muppet Christmas Carol (Brian Henson)
Sortie en 1992, cette version du classique de Dickens donne la vedette à Michael Caine (Scrooge), entouré de Kermit the Frog, de Miss Piggy, de Fuzzy Bear et des autres créatures de Jim Henson, qui apparaissent d’ailleurs à l’écran pour la première fois depuis la mort du maître, survenue en 1990. Festif et familial.

9. White Christmas (Michael Curtiz)
D’accord, c’est un peu surfait. Michael Curtiz, l’homme aux commandes de Casablanca, a déjà paru plus inspiré. Mais avec son casting d’enfer (Bing Crosby, Danny Kaye et Rosemary Clooney) engagé dans le sauvetage d’un hôtel du Vermont, White Christmas demeure un incontournable de Noël: le film a d’ailleurs été le plus gros succès de l’année 1954, puis a continué de cartonner à la télévision année après année, pendant au moins deux décennies. Pour un Noël rétro.

8. Le Père Noël est une ordure (Jean-Marie Poiré)
C’est du café théâtre filmé, mais du bon. Jamais la troupe du Splendid n’aura paru aussi en verve. Jugnot en Père Noël dépressif, Anémone et Lhermitte en névropathes pourtant décidés à aider les autres, Balasko, Chazel et Clavier en appui… De l’énergie, un brin d’irrévérence, une pluie de bons mots et des situations à crouler de rire. Un classique de 1982.

7. Scrooged (Richard Donner)
Sortie en 1988, cette version actualisée du Conte de Noël de Dickens a été écrite par deux compères de Saturday Night Live, Michael O’Donoghue et Mitch Glazer. Rien d’étonnant à ce que le Scrooge interprété par Bill Murray soit le patron d’une chaîne de télévision, véritable requin du petit écran prêt à écraser n’importe qui pour faire augmenter ses côtes d’écoute. En prime, Carol Kane campe avec délectation l’esprit du Noël présent.

6. Bad Santa (Terry Zwigoff)
Nous voici presque honteux de vous faire la suggestion. Le Père Noël interprété ici par Billy Bob Thornton est vraiment une ordure, au point de renvoyer Jugnot à ses choristes. C’est du plus mauvais goût, ça décape, c’est vulgaire. Si vous en avez jusque-là de Noël, c’est l’antidote.

5. Scrooge (Ronald Neame)
Encore une autre adaptation de Dickens, cette fois sous forme de musical et avec Albert Finney dans le rôle titre. Fait amusant : l’acteur joue un vieillard même s’il n’a que 34 ans, soit 13 ans de moins que Michael Medwin, qui tient le rôle de son neveu Harry. Ronald Neame, le réalisateur, a débuté comme assistant à la caméra pour Hitchcock sur Blackmail, en 1929, et est aujourd’hui connu surtout pour avoir réalisé The Poseidon Adventure, en 1972, soit deux ans après Scrooge. C’est anglais jusqu’au bout des ongles.

4. It’s A Wonderful Life (Frank Capra)
Sorti en décembre 1946, le plus célèbre des films de Capra fût taxé, dès l’année suivante, de propagande communiste (on y discrédite les banquiers). James Stewart y tient le rôle de George Bailey, un homme foncièrement bon qui est poussé au désespoir par les manigances de Potter, un homme d’affaires sans scrupules. Recevant l’aide d’un ange, George prend conscience de la valeur de son existence. Le scénario reprend les éléments du Conte de Noël de Dickens, en inverse certaines propositions, fait de Scrooge (devenu ici Potter) un personnage secondaire, puis laisse la magie opérer.

3. The Nightmare Before Christmas (Henry Selick)
L’imagination débridée de Tim Burton et le savoir-faire technique d’Henry Selick s’allient ici pour créer ce classique de 1993, à cheval entre Halloween et Noël. D’une splendeur visuelle rarement atteinte, soutenue par les chansons de Danny Elfman, cette fantaisie aurait dû être couverte d’Oscars, elle a plutôt donné naissance à un véritable culte et propulsé Burton au rang des grands cinéastes de son époque.

2. The Shop Around the Corner (Ernst Lubitsch)
Sortie le 12 janvier 1940 (on aurait pu se forcer et lancer le film un mois plus tôt), cette comédie qui compte parmi les meilleures de Lubitsch n’est sans doute pas l’archétype du long métrage de Noël : on y raconte les mésaventures des employés d’un magasin à rayons, et notamment la rivalité entre Klara Novak, nouvellement embauchée, et Alfred Kralik, l’homme de confiance du patron qui cultive une relation épistolaire avec une jeune femme qu’il n’a jamais rencontrée. L’intrigue se dénoue autour de Noël, ce qui suffit à placer The Shop Around the Corner bien haut dans notre palmarès.

1. Miracle on 34th Street (George Seaton)
On cite souvent ce film lorsqu’on parle des meilleurs scénarios qu’on ait vus à Hollywood : l’histoire d’un homme, Père Noël au magasin à rayons Macy, à New York, qu’on menace d’interner parce qu’il prétend être le vrai Père Noël. Darryl F. Zanuck, qui dirigeait la Twentieth Century-Fox en 1947, exigea qu’on lance le film en plein mois de mai, même s’il s’agissait d’une histoire de Noël, pour profiter de l’affluence estivale. La légendaire Natalie Wood, alors âgée de huit ans, y tient l’un des rôles principaux, tandis que l’égérie de John Ford, Maureen O’Hara, incarne Doris Walker, l’administratrice trop sérieuse par qui le drame arrive. Edmund Gwenn, qui campe le Père Noël, reçut un Oscar. Quant au scénariste et réalisateur, George Seaton, on se souvient aussi de lui parce qu’il a lancé la vogue des films catastrophes, en 1970, avec Airport.

Joyeux Noël!

Marcel Jean

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