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OUVERTURE DU 4E FESTIVAL DE FILMS SUR LES DROITS DE LA PERSONNE

2009-03-12

L'HORIZON HUMANITAIRE DU CINÉMA DOCUMENTAIRE

     Guerres, pauvreté, violences envers les femmes, ce ne sont là que quelques exemples qui font le quotidien d’un très grand nombre de la population mondiale. Puisque s’informer est le premier pas vers une ouverture d’esprit, pour une société qui se veut empathique et engagée, le cinéma affirme son pouvoir d’éducation lors du  4ème Festival de films sur les droits de la personne de Montréal (FFDPM). A l’occasion de la dixième Semaine d’action contre le racisme, ce sont dix jours d’émotions et de sensibilisation qui se préparent du 12 au 22 mars, au Cinéma du Parc, au Cinéma ONF et au Cœur des Sciences. Le programme s’annonce prolixe de par la quantité de films présentés (72, dont 48 en primeur) et la diversité des thèmes abordés.

    Le festival se distingue notamment cette année par son film d’ouverture, 8, qui réunit 8 réalisateurs, 8 court-métrages, 8 Objectifs du Millénaire pour le Développement et un objectif précis de la part des cinéastes : sensibiliser le public tout en rappelant aux 191 gouvernements leurs engagements pris en 2000 à réduire de moitié la pauvreté dans le monde d’ici 2015. En effet, comme le dit la jeune éthiopienne Tiya à son professeur dans le court-métrage d’Abderrahmane Sissako, Le rêve de Tiya, « pour réduire la pauvreté dans le monde, il faut partager. Et les gens n’aiment pas partager ». 8 nous emmènera ensuite en Australie où des enfants, portés par le rêve et l’innocence, vont tenter de surmonter une des plus terribles sécheresses que ce pays a jamais connue (The Water Diary, de Jane Campion). Le contraste entre une nature majestueuse et indifférente aux problèmes humains se retrouve dans le court-métrage du français Jan Kounen, L’histoire de Panshin Beka, qui se déroule sur les bords du fleuve Ucayali en Amazonie. Gus Van Sant souligne, lui, le décalage énorme entre ces pays et un pays  comme les Etats-Unis. Son film Mansion On the Hill présente de jeunes américains insouciants, libres de s’adonner à leur passe-temps favori, le skate-board, alors que des messages défilent et informent le spectateur de la gravité de la mortalité infantile. Le SIDA est également traité dans le film du même nom de Gaspar Noé. En apparence plus léger, le court-métrage de Gael Garcia Bernal, La Lettre, met l’accent sur l’importance de l’éducation primaire pour tous, tandis que Mira Nair émancipe la femme à travers le personnage de Zainab (How Can It Be ?). Wim Wenders achève la série de court-métrages avec Person To Person, qui nous amène dans la régie d’une chaîne de télévision. Mais alors que les journalistes prennent une pause, les écrans s’allument et les personnes interviewés des quatre coins du monde se matérialisent et livrent un message directement adressé aux spectateurs.

    8 courts films, sans compromis, sans condescendance qui permettent alors au film de remplir parfaitement sa mission de sensibilisation en invitant aux petites actions qui, réunies comme sont réunis ces court-métrages, prouveront que l’on peut croire au changement.


    Ce festival se veut donc très critique et mettra l’accent notamment sur le 20ème anniversaire de l’adoption par l’ONU de la Convention relative aux droits de l’enfant, comme en témoigneront Le Magicien de Kaboul (Philippe Beylaucq) ou Kassim The Dream (Kief Davidson). De plus, afin de sensibiliser les 7-17 ans, un programme jeunesse est mis en place cette année incluant certaines projections gratuites. Un autre thème majeur du festival sera l’égalité des sexes, débat très complexe de nos jours. Des portraits de femmes seront esquissés : de leurs situations en Afghanistan (Moral Crimes, de Karim Amin), à leur rôle dans les guerres (Just Another War, de Lorna Ann Johnson) en passant par les femmes de paix au Liberia (Pray the Devil Back to Hell, de Gini Reticker) et les femmes itinérantes du Québec (L’errance invisible, de Lise Bonenfant). La question de l’égalité touche aussi l’intégration des homosexuels dans nos sociétés, en Inde par exemple avec Making the face, de Suvendu Chatterjee ou en Italie avec Suddenly Last Winter, de Gustav Hofer et Luca Ragazzi.

    Un festival sur les droits de la personne ne peut bien évidemment pas passer à côté des violences politiques. On peut noter entre autres Thinking about Leaving de Hiba  Bassem ou Staying de Mounaf Shaker, sur la situation en Irak. Les projecteurs seront ensuite braqués sur les conflits en Afrique comme dans Refuge, un film sur le Darfour, du canadien Alexandre Trudeau, ou bien sur la répression et la résistance au Tibet avec notamment Fire Under the Snow, de Makoto Sasa, documentaire sur le moine tibétain Palden Gyatso, résistant pacifique contre l’armée communiste chinoise, emprisonné et torturé...

    De nombreux films seront consacrés à la place qu’occupe l’art en tant que moyen d’expression et, par là-même, souvent perçu comme une forme de résistance contre les régimes dominants. L’exilée iranienne Ayam Bayat perpétue la danse folklorique persane alors que la République islamique d’Iran l'a interdite, comme nous le montrera Forbidden Sun Dance, de Lila Ghobady. Susurros De Luz mettra en exergue une autre forme de résistance avec Whispers Of Light, dans lequel un aveugle est passionné de photographie…

    Plusieurs activités viendront parachever cette quatrième édition du festival. Outre les programmes jeunesses, une conférence sera consacrée à la violence à l’égard des journalistes en Amérique latine et une exposition inédite de 32 photoreportages sur les droits humains se tiendra pendant toute la durée du festival. Pour finir sur une note optimiste, D’une Seule Voix, de Xavier de Lauzanne, relatant le parcours d’un groupe de musiciens juifs, chrétiens et musulmans sera projeté le samedi 21 mars.

    Le 4ème Festival de films sur les droits de la personne de Montréal promet donc d’être à la hauteur de sa réputation. Comme chaque année, de nombreux invités internationaux se retrouveront après les projections pour des débats ou petites conférences, l’occasion de « mieux saisir ce que c’est que d’être humain », pour reprendre les termes de Laure Waridel, sa porte-parole. Car, via l’appareil cinématographique, le spectateur devient l’autre, et jamais notre conscience collective n’a été mieux exacerbée que par le Septième art et la force de l’image.

N’oubliez pas de visiter le site www.ffpdm.com pour accéder au programme détaillé des projections.

Maxime Descol

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